| culture: Izlan, un style de chant typiquement berbère |
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Un style de chant
qui se distingue des autres genres musicaux du Moyen Atlas à savoir ahidus,
tamedyazt et tayeffart. C'est une musique moderne, produite plutôt
dans les centres urbains et exécutée par des musiciens qui vivent
de leur métier.
Ce qui n'est pas le cas pour les chants traditionnels
qui sont l'oeuvre d'amateurs produits lors de célébrations collectives,
plutôt en milieu rural. La musique des Ciux (pluriel de Cix)
est très appréciée des couches populaires d'origine paysanne
d'où un certain mépris de la part de ceux qui se croient détenteurs
de la " civilisation et du raffinement" au Maroc. Résultat d'une vision
uniformisante, sans couleur et sans cachet, de la production artistique dans
ce pays. Ceci est valable aussi bien pour les berbèrophones que pour
les arabophones. De surcroît, la femme qui ose exercer ce métier
est assimilée à une prostituée. Par conséquent,
les chanteuses appartenant à cette catégorie artistique traînent
une mauvaise réputation. Elles sont considérées comme des
femmes vulgaires aux mœurs légères. Ce qui est complètement
faux. Les acteurs officiels de la vie culturelle au Maroc s'arrêtent malheureusement
à l'aspect extérieur de cet art : des femmes fardées et
habillées de manière traditionnelle se tortillant sur un rythme
effréné. Une vision réductrice puisqu'elle n'accorde aucune
attention à la virtuosité de l'instrumentiste ni aux voix exceptionnelles
et encore moins aux paroles formidables qu'elles chantent. Dans le meilleur
des cas, ce genre est considéré comme un élément
du folklore, dans l'acception péjorative du terme, bien sûr. Les
paroles sont des poésies qui véhiculent les préoccupations
et les aspirations profondes de toute une frange de la population amazigh, pour
ce qui nous concerne. Elles s'expriment aussi bien sur le quotidien matériel
(la cherté de la vie, la passion, le manque de moyens, la solitude, la
jalousie, l'injustice, la trahison… ) que sur le spirituel (la création
de l'univers, la religion , réflexion sur le sens de la vie, la mort…)
et même l'écologie ! Quant à la musique, nous trouvons deux
sortes d'instruments à cordes : le violon alto et lutar. Chaque
artiste choisit l'un ou l'autre et il est rare qu'un chanteur utilise les deux
instruments séparément ou en même temps. C'était
le cas du maître absolu de ce style musical qu'était Hemmu U Lyazid.
La percussion repose sur les rythmes d'allun, un tambour circulaire en
peau de chèvre tendu sur un cadre en bois, malheureusement remplacée
ces dernières années par une " peau synthétique ". La dimension
d'allun est très importante dans la production des sonorités
typiquement amazighes. Le diamètre doit être d'environ 40 cm et
la hauteur de 10 cm avec bien sûr une ou deux cordes qui traversent le
cercle de part en part pour produire les vibrations nécessaires. La troupe
se compose habituellement du chanteur principal qui est aussi le patron de la
formation. En général c'est lui qui joue de l'instrument à
corde, mais ce n'est pas toujours le cas (Bennaser Uxuya joue du allun
seulement). Des joueurs d'allun, deux au minimum, font aussi le chœur
masculin. Trois ou quatre chanteuses forment la chorale féminine. Elles
exécutent aussi la danse de la tahidust (airs très rythmés
qui annoncent la fin d'un morceau). Quant la troupe compte dans ses rangs une
voix de femme exceptionnelle, elle se désolidarise du chœur féminin
pour constituer un pendant à celle du maître. C'est le cas pour
Yamna 3eqqa avec Rwica, ou de Itto Tamhawect avec Ali Azelmad ou
Ahuzzar. C'était aussi le cas de Hadda U3ekki avec Bennaser
Uxuya et de Cerifa Kersit avec Rwica ou Meghni, avant
qu'elles ne décident toutes les deux de prendre leur indépendance
et de constituer leur propre troupe. Nous vous présenterons dans ce site,
quelques un des artistes qui ont contribué et qui continuent à
perpétuer et à enrichir le répertoire de la chanson tamazight
à la grande satisfaction de l'auditoire. Un public de plus en plus nombreux
à travers tout le Maroc et dans l'immigration amazighe où qu'elle
se trouve sur la planète.
La chanson subit
aussi les évolutions et les influences qui ont affecté la société
amazighe et son mode de vie. Elle cherche aussi à trouver sa place dans
cette course effrénée à la modernité, en imitant
les autres styles en présence ou en innovant, mais sans grand succès
pour l'instant. Ces manipulations dénaturent le fond même de ce
genre musical authentique pour en faire une pâle et médiocre imitation
de la chanson populaire arabophone qui elle a déjà digéré
cette modernisation. Nous n'y retrouvons ni les rythmes ni les mélodies,
même si les paroles sont en tamazight. Ce qui est de nature à rappler
à nos chanteurs, qui obéissent au diktat de la modernité
et à la loi du marché, que c'est le schéma rythmique qui
commande tout dans la chanson amazighe. En introduisant des instruments tels
que boîte à rythmes ou synthétiseurs et des alluns,
quand il y en a un, en peau synthétique, ils choquent et font fuir l'oreille
des imazighens. Il faut bien sûr qu'il y ait une évolution, mais
dans le bon sens et avec les bons moyens qui gardent à ce genre son cachet
original.
Certains chanteurs,
comme Rwica, Hadda U3ekki, Bennaser Uxuya ou Mustafa N3ini3a ont
atteint une notoriété qui a dépassé la zone berbérophone
pour s'étendre à tout le pays du fait qu'ils chantent également
en arabe sur des rythmes amazighs, ce que les arabophones apprécient
beaucoup. Mais la majorité des voix de l'Atlas (Hemmu U Lyazid, Muha
Umuzun, Lghazi Bennaser, 3li Uciban, Yamna 3eqqa, Muha Ubaba, Cix U3ali, Meghni,
Amellal Qeddur, 3ebbuzan, Muha n Idzer, Hsayn n Bumya, Lehsen Ucettin, Mestafa
L3ekri, 3umar Butmezzught, Ua3cuc, 3li Azelmad et d'autres encore) chante
en tamazight et a son public et ses connaisseurs. (Malika Mahmah)
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Posté le 1 juin 2006 à 16:29:07 par tamazight |
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Average Score: 4.2 Votes: 5

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