tiderfit a écrit : "
Agadir, haut lieu du tourisme marocain. Non loin de là, Tiznit. Deux
villes d’une même région, deux visages du Maroc. La première est
devenue, au fil du temps, une destination incontournable pour les
touristes. Le soleil, la plage, les grands hôtels... La deuxième est
moins prisée. Loin des regards, elle a gardé son authenticité, ses
paysages à l’état sauvage, ses petites ruelles...
Entre les deux, quelques dizaines de kilomètres mais un écart qui ne
cesse de se creuser : “La région d’Agadir est très riche, en partie
grâce au tourisme de masse. Mais les richesses ne sont pas réparties
équitablement. L’arrière pays ne profite pas des retombées
économiques”, raconte Ali Elouali, président d’Asays, une association
franco berbère.
Partant de ce constat, l’association, qui a pour but de
promouvoir la culture berbère, a souhaité faire bouger les choses.
Comment ? A travers le voyage. Lier l’utile à l’agréable... Ou plutôt
faire d’une pierre deux coups...
D’abord, amener les voyageurs à porter un autre regard sur le Maroc.
“Montrer qu’il y a une autre façon d’aimer ce pays, loin des plages et
des hôtels...” Ensuite, aider à l’essor de la région : “Quand on a été
témoin, on se sent davantage impliqué à la problématique de
développement.”
Asays a donc organisé cet été son premier voyage dans la province de
Tiznit. Au programme, visites et rencontres avec la population locale,
le tout accompagné d’un historien. “Le but était de valoriser le
patrimoine naturel, culturel et humain.” Et d’ouvrir une porte à la
réflexion sur les bienfaits et les dégâts du tourisme. Les bienfaits
apparaissent comme une évidence : “le tourisme est générateur de
revenus”. Les méfaits sont moins visibles, ou sont tenus à l’écart du
regard du touriste : “Le problème de l’eau est important au Maroc.
Alors que les pelouses des hôtels et les terrains de golf sont arrosés
à outrance, l’arrière pays souffre du manque d’eau. En haute saison, le
tourisme de masse ne fait qu’aggraver les choses.”
Pourtant, aucun discours moralisateur durant le
voyage : “Nous voulions juste donner des clés de compréhension, de
lecture. Au touriste après de se poser les bonnes questions.”
Cette première expérience a été concluante pour
l’association. A long terme, elle souhaite, avec d’autres partenaires,
créer “un pôle de tourisme alternatif” dans la province de Tiznit :
“Nous allons nous saisir d’une industrie mondiale pour en faire un
ressort de développement.”
Mais avant de se lancer dans l’aventure à nouveau,
Asays a une réflexion à mener pour améliorer cette formule de voyage et
la rendre encore plus équitable : “Loger chez l’habitant peut créer des
inégalités dans un village. Seuls les plus riches possèdent des salons
d’accueil. A nous de réfléchir à une solution plus juste...”
Compte rendu du voyage, par ASAYS
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