Les supporters de la Jeunesse sportive du Ksar de Goumima se
souviendront longtemps de cette saison 2004-2005, marquée par les péripéties de
fin de parcours que lui ont réservé les autorités locales au Sud du Maroc.
Au bout de compte, en ce mois d’avril, la JSK sort victorieuse de
son championnat régional et s’affirme plus que jamais comme un club avec sa
philosophie et son identité berbère.
C’est dire que le club des goulmimen a failli être privé d’une
consécration méritée pour seule prétexte de personnifier l’identité des "frères"
kabyles et le combat d’un peuple !
Dans un pays qui brigue l’organisation d’une Coupe du monde en
2010, une finale régionale a manqué d’être ajournée par simple fait de
ségrégation raciale, le pacha du coin considérant qu’un club s’affichant
ouvertement berbère ne pouvait accéder au titre.
Les dirigeants de la JSK, font savoir par un communiqué diffusé
aujourd’hui sur internet qu’ils s’insurgent contre ce qu’ils appellent "la
dékabilisation de la JSK de Goulmima !".
La nouvelle star du sud qui se veut le prolongement de son modèle,
la Jeunesse Sportive de Kabylie, nous dresse une liste des différents obstacles
menés contre elle.
Rien dans les intentions ou les slogans dans les gradins du Ksar
n’aurait pu pour autant justifier de telles discriminations. Il est bien au
contraire dans les valeurs des Berbères de défendre leur culture de façon
pacifique, dans une "légitimité de combat", y compris à travers le sport.
Une nouvelle fois, le makhzen marocain en ne sanctionnant pas ces
agissements, donne raison à l’un de ses caporaux qui quadrillent l’espace
berbère. Un espace qu’il leur semble impératif de maîtriser y compris sur les
pelouses, même au prix du ridicule.
Championne malgré tout
Voici le récit donné par le communiqué en quelques points
saillants d’une finale et d’une fête entachée d’une haine anti-berbère.
" • La JSK s’est qualifié à la finale du tournoi organisé par la
municipalité de Goulmima, mais le pacha a refusé que ce match soit joué. Après
une longue négociation la JSK a pu faire valoir ses droits et pu remporter ce
match.
• Pour la première fois durant l’histoire du foot à Goulmima notre
équipe n’a pas eu le droit de recevoir les cadeaux réservés au vainqueur du
trophée d’habitudes offerts par la municipalité.
. A l’instar des équipes qui remportent le championnat, la JSK
voulait fêter cet événement, mais le pacha a refusé d’autoriser cette soirée.
Tant bien que mal, la JSK a obtenu une nouvelle fois gain de cause et à pu
partager sa victoire sous l’égide du ksar de Goulmima qui a soutenu l’équipe le
long de son parcours matériellement et moralement. "
"Notre identité n’est pas à vendre et Tamazight
est une cause des peuples"...
Par ailleurs, la JSK déclare avoir refusé des dessous de table qui
lui ont été proposés après la finale par le Centre d’études et de recherches
Tarek Ben Ziad et l’association Averroès. Par aucun moyen les "gens du makhzen"
n’arriveront à de mettre la main sur un club amazigh et la réponse des
dirigeants du club est ferme et précise : " ... notre identité n’est pas à
vendre et Tamazight est une cause des peuples"...
Dès lors, la balle est dans le camp des investisseurs berbères ou
venant d’autres horizons pour que la Jeunesse Sportive du Ksar ne soit pas une
simple évanescence.
Quoique local ou régional, le football berbère dépasse les
frontières et a su arracher de multiples trophées africains.
Le football en Afrique du Nord à l’image de la JS Kabylie a besoin
de grands clubs marqués dans leur identité amazir mais comptant dans leurs
effectifs des talents qui ne sont pas exclusivement berbérophones.
Cette intelligence réciproque passe aussi par des autorités
footballistiques dans les pays qui se doivent de se montrer plus concernées et
attentives à ce type de discriminations raciales.
kabyle.com