| societe: La voix des Touaregs a retenti à Paris ! |
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Samedi 15 décembre, le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro était aux couleurs berbères...
A travers le rassemblement qui a eu lieu à Paris le samedi 15 décembre
les organisateurs ont voulu tout d’abord dire aux Touaregs qu’ils ne
sont désormais pas seuls dans le combat qui les oppose aux Etats du
Niger et du Mali. Les manifestants venus au Trocadéro sont plus que
jamais décidés à être aux côtés du peuple touareg mais aussi à dénoncer
l’injustice dont ils sont victimes ainsi que la complicité des
puissances qui exploitent les richesses du sous-sol du pays des "Hommes
bleus" notamment l’uranium.
Malgré un froid glacial, quelque trois cents personnes se sont
rassemblées sur le Parvis des droits de l’Homme au Trocadéro à Paris ce
samedi 15 décembre pour exprimer leur solidarité avec le peuple touareg
en lutte.
Dès 14h00 les premières banderoles ont été accrochées et un gigantesque
drapeau amazigh a été brandi sur la Parvis des Droits de l’Homme.
Ainsi, pouvions-nous lire sur les banderoles "France-Areva : Uranium
contre Touaregs", "Halte à l’ethnocide des Touaregs !", "Halte à la
marginalisation du peuple touareg par les Etats du Mali et du Niger !"
ou encore "Tanakra fel toumast" (Debout pour libérer la Nation
amazighe". Les drapeaux amazighs ont donné des couleurs à la Place.
Ce rassemblement a été l’occasion e s’informer et d’échanger sur la
situation actuelle au Pays touareg. En effet, nombre des personnes
présentes sont arrivées récemment du pays.
Tamazgha dont les militants étaient très actifs lors de ce
rassemblement a tenu à dénoncer les Etats du Mali et du Niger et en
particulier l’attitude ethnocidaire de l’armée nigérienne. Pas de
cadeau pour l’Etat français qui soutient et assiste les armées des
Etats malien et nigérien.
Plusieurs personnes ont pris la parole à cette occasion.
Kaocen Maïga, porte parole du MNJ, a tenu tout d’abord à rendre hommage
à Mano Dayak, un résistant touareg impliqué dans le soulèvement armé
des années 1990 et qui est décèdé le 15 décembre 1995 dans un accident
d’avion. Il a dénoncé la dictature du régime de Tanja, une dictature
soutenue par certaines puissances dont la France et les Etats-Unis. Il
rajoute que ce régime de Niamey pratique le massacre quotidien à
l’égard des populations touarègues.
Ahmed Akoli, Secrétaire politique du MNJ, a évoqué les injustices
faites aux Touaregs par les différents Etats qu’ils subissent ainsi que
de la marginalisation dont ils sont victimes. Il n’a également épargné
l’Etat français dont les responsabilités historiques sont manifestes.
Il a rendu hommage à la fraternité amazighe (berbère) et à la
solidarité des citoyens français et européens venus à ce rassemblement.
Il a enfin appelé à la poursuite de la mobilisation afin de faire
réagir l’opinion internationale sur la question touarègue, une question
victime d’indifférence et parfois de mépris.
L’écrivain touareg, Moussa ag Assarid, a tenu à préciser combien le
combat touareg est celui, plus général, des Imazighen à travers toute
l’Afrique du Nord.
Ghissa ag Boula, un des combattants qui a pris les armes en 1990 déjà,
s’est réjouit de l’implication des jeunes dans la lutte actuelle des
Touaregs. Il estime que "la jeunesse est le flambeau de la lutte". Il
dit que ce qui se passe aujourd’hui dans le Pays touareg est très grave
et a tenu à parler du "silence des Etats qui se disent démocratiques,
civilisés et développés" ainsi que du silence des médias et des
organisations des droits de l’Homme. Certains Etats qui se disent
"berceau des droits de l’Homme" se taisent préférant l’uranium aux
Touaregs. C’est la triste réalité sur laquelle il a tenu à attirer
l’attention de l’opinion.
Martine Bigot, représentante de la Fondation "France Liberté", a tenu à
préciser combien les Touaregs vivent dans une situation catastrophique.
"Le monde a décidé que le profit est plus important que l’être humain"
a-t-elle précisé. France Liberté soutient la cause du peuple touareg
comme elle a toujours soutenu les causes des peuples menacés et qui
sont en danger. Elle trouve scandaleux que les richesses du Pays
touareg soient exploitées sans qu’il y ait la moindre retombée pour les
populations locales. France Libertés dénonce cette situation et espère
relayer la voix des Touaregs. Elle déplore la façon dont les médias
traite l’actualité et la façon dont ils passent sous silence des
situations aussi graves que ce qui se passe aujourd’hui dans le Pays
touareg.
Le coordinateur du Collectif pour la préparation de la Conférence
internationale sur la question touarègue, Dam Das, a tenu à se faire le
relais de la coordination de la société civile d’Arlit qui a adressé
une lettre à la Direction d’AREVA pour poser un certain nombre de
préoccupations ainsi que des revendications de la communauté locale qui
espère avoir des retombées de l’exploitation de l’Uranium par AREVA.
Une représentante du MRAP avait également pris la parole pour exprimer
la solidarité du MRAP avec les Touaregs qu’elle estime être considérés
comme des sous-citoyens aussi bien par l’Etat du Niger que du l’Etat du
Mali. Elle se dit compréhensive des Touaregs "qui ne pouvaient faire
autrement que se rebeller". Elle estime qu’une solution doit être
trouvée à cette situation, et le MRAP s’emploiera pour essayer de faire
plier la France et l’Europe afin de trouver une solution à ce conflit.
Enfin, il a été donné lecture au message de soutien et de solidarité
adressé par L’association amazighe des Etats-Unis (ACAA) aux
organisateurs du rassemblement et au peuple touareg en lutte.
Il est évident que l’attitude des puissances, comme la France et les
Etats-Unis en particulier, a scandalisé l’ensemble des intervenants et
des manifestants. Mais cette attitude est-elle surprenante ? Elles ont
montré par le passé que lorsqu’il s’agit de leurs intérêts, notamment
en matière énergétique, ils s’assoient très facilement sur ce qu’ils
appellent “principes”. Le seul principe auquel ils ne dérogent pas :
“défendre et protéger leurs intérêts par tous les moyens”.
Ces puissances, comme la France, qui donnent des leçons de droits de
l’Homme et de justice sont entrain de participer à la répression d’un
peuple et à son extermination.
Aujourd’hui, il est illusoire de croire que ces puissances, “patries
des droits de l’Homme et de la démocratie”, puissent aider un peuple à
se libérer ou à se débarrasser des dictateurs et de gouvernements
oppresseurs.
C’est pourquoi, nous Imazighen (Berbères), l’on ne doit compter que sur
nous-mêmes. Aussi, pouvons-nous nous passer d’Etat(s) si nous voulons
vraiment exister ? Nous n’avons pas d’autre choix que de prendre notre
destin en main. C’est bien d’une lutte de libération nationale dont il
s’agit, et c’est celle là que nous devrions mener si nous tenons à
notre existence qui ne doit en aucun cas se négocier. Il s’agit de
(re)devenir ce que nous sommes censés être : des femmes et des hommes
libres... n’est-ce pas ce que veut dire le mot “Amazigh” ?
Quant au peuple touareg qui mène une lutte difficile face à des Etats
"sauvages" soutenus par des puissances qui ne se soucient que de leurs
intérêts économiques, il peut être rassuré que la diaspora amazighe ne
ménagera aucun effort pour faire entendre sa voix et pour être à ses
côtés dans ce combat qui est le nôtre. (Src: Temoust)
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Posté le 5 décembre 2007 à 12:36:17 par tamazight |
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