Des dizaines de disparus et des arrestations massives des berbères à Dadès-Boumalne, au Sud-Est du Maroc.
Dans le cadre des manifestations organisées par la
coordination Ayt Ghighuc Section Asif n Dades (Bumal n Dades , Khemis n
Dades, Klaa n Imgun, Msemrir,Tilmi) dés le 19/12/2007, le 06/01/2008 à
15.00 heures 5 personnes agés originaires (D’après ce qu’ils ont
dit ) de Msemrir ,ont interrompu la circulation routière juste au
centre de Bumal n Dades, d’abord ils ont commencé à lancer un appel au
gens de Bumal n Dades pour les aider, les soutenir à faire entendre
leur voix, car la situation de leur région et celle de Tilmi est
gravement difficile après la chute de la neige et l’inondation qui ont
détruit la route qui relit Tilmi avec Msemrir et Bumal n Dades. Ces
gens ont décrit à haute voie ce qu’ils sont entrain de vivre et
souffrir ces jours, le froid, l’accès impossible, manque
d’électricité coupé après les changements climatiques que la région a
connu , manque nourriture, produits de base alimentaires …(Ces cinq
personnes âgés ont quitté le cercle de discussion après !)
Les habitants de Bumal n Dades se sont regroupés autour de ces gens et
commencé à intervenir pour mieux comprendre leur situation et celle des
gens de Tilmi. La circulation routière avait été bloquée petit à petit
et commençait à déranger les autorités locales qui sont venues proposer
un dialogue avec les manifestants comme d’habitude. Après des heures de
discussion entre les manifestants, la masse a décidé de ne plus
dialoguer voyant le fait que « les autorités locales n’ont jamais
respecté leur parole et que leurs promesses n’ont jamais tenues… »… La
situation de la région de Bumal n Dades durant l’hiver, le froid
, et la nature du centre de Bumal n Dades à un peu aider a la
dispersion de la masse regroupée pendant des heures. Les
autorités locales attendaient l’arrivée des forces de « l’ordre »,
auxiliaires venant de centre de la ville de Warzazat qui ont exploité
la tombée de la nuit pour attaquer les manifestants ou « les pousser à
ouvrir l’accès des centaines des voitures bloquées toutes en langue de
10 kms ».
A 21h30 le renfort des forces auxiliaires de Warzazat est arrivé
sur place, les manifestants commencent à discuter la possibilité
de dialoguer pour éviter une agression loin des yeux du monde
extérieure (L’accès Internet est interrompu pendant 5 jours), loin des
masses médias…En ce moment là, la coordination Ayt Ghighuc a relevé la
présence des personnes étrangères avec des propos et des
positions étranges. Les membres de la coordination sur place ont
directement saisi le message et ils ont discuté et décidé hors la
foule de se retirer de la foule des manifestants . La coordination Ayt
Ghighuc de ce fait est ciblée et elle est le but des mains bien connu
pour souiller et criminaliser son action les actions qu’elles avaint
menées a bien depuis des mois et du soutien populaire qu’elle avait
drainé en conséquence durant ces dernières années.
Avant même que la coordination annonce son retrait les éléments
intrus étrangers à la région commençaient à lancer des pierres contre
les forces de l’ordre, et la réponse de celles-ci ne se faisait pas
attendre en ripostant par l’agression des manifestants dont plusieurs
gravement blessés et 25 arrêtés d’un seul coup.
Ces éléments toujours intrus ont continué a jeter des pierres contre
les voitures et les bus stationnés à coté de la route principale
donnant ainsi l’alibi aux autorités pour souiller la Coordination et
légitimer l’intervention des autorités pour agresser tout le monde. Ces
mêmes éléments en question avait brûlé le drapeau marocain ce qui
a déclenché la violence qui a touché tous les coins de Bumal n Dades
,Slillu, Quartier Saghru , Ayt bwallal… Alors tout le monde est
provoqué et le conflit s’est déclenché entre les manifestants et les
forces de l’ordre. Les événements ont duré jusqu'à le lever de soleil
selon des témoins qui ont suivi la situation depuis les toits de leurs
maisons. La région est bien surveillé durant toute la nuit , la carte
d’identité est exigé pour avoir accès au centre de Bumal n Dades , les
voitures bien contrôlées… Les forces de l’ordre et la gendarmerie ont
poursuivi les manifestants jusqu’à leur maisons à fin de faciliter leur
arrestations le lendemain, le lundi 07/01/2008. Le matin on a entendu
la détention de 25 personnes et autres sont encore recherchés à l’aide
des photos prises avec le zoom sur les toits des cafés penchants
sur le cercle des manifestants interrompu la circulation. Des
militants ont été poursuivis et arrêtés dans leur domicile et dans la
rue à l’aide de la gendarmerie en uniforme et sans uniforme. On parlait
de 42 détenus transférés hors de Bumal n Dades, personne ne sait ni
leur lieu de transfert ni leur lieu de détention . Les familles
qui allaient demander des informations ont eu des réponses dignes
des années de plomb :« on ignore où ils sont » !. Pour le moment on a
que les noms de Rozan Brahim connu par le pseudo « Cinq Cinq » berbère
de nationalité canadienne membre du comité de dialogue avec le pacha et
Yunes Awdali originaire du village de Slillu Bumal n Dades un élève MCA
lycée Bumal n Dades. Le pire est qu’un amazigh âgé résident à
l’étranger qui était intervenu lors de cercle de discussion avait été
aussi parmi les détenus et il est originaire de Imider! Même Les
élèves du lycée de Bumal n Dades sont encore mise en garde par les «
mqeddem »(agents) du ministère de l’intérieure marocain. Cela veut dire
que la liste des détentions est encore ouverte !
De ce fait l’Etat marocaine pousse Asif n Dades vers la violence que le
mouvement Culturel Amazigh ,et la coordination Ayt ghighuch réputés
pour leur non violence et leur ouverture au dialogue. Même si un
dialogue avait été débuté le 25-12-2007 avec le président de
l’arrondissement Bumal n Dades dans le cadre de la coordination Ayt
ghighuch Section Asif n Dades , le cahier revendicatif est resté
sans suite et la part des autorités soit au niveau locale ou national.
Le pacha est en fait dépassé par les revendications de la
constitutionnalisation de la langue et identité amazighes et les
demandes de mettre fin a l’enclavement et de l’embargo économique,
social et politique qui frappe la région! La situation
économique, sociale de la région…nécessite un débat national et une
intervention au niveau « gouvernementale » avant qu’il soit trop tard
.C’est le mépris et la marginalisation qui sont a l’origine des
manifestations et non pas la délinquance juvénile comme le prétendent
les rumeurs venimeuses des agents de l’autorité locale . (Omar Zanifi)