Posté le: 07 Mar 2005, 2:49 Sujet du message: Omar le fou, Omar le sage…mais surtout Omar le Notre
Savez-vous que Omar O’âali pourrait bien être un des meilleurs amis de Michel Foucault et de Pierre Bourdieu, respectivement philosophe et sociologue français ? Et savez-vous encore qu’Omar a tout perdu sauf la raison ?
Procédant à un examen en profondeur des multiples modalités d’exclusion par le discours au sein d’une société, Foucault érige l’opposition Raison et Folie en principe d’exclusion. Son anthropologie de la folie retrace, sur le fond d’une chronologie dense, l’évolution de la perception souvent paradoxale faite du fou. Ce dernier est en effet cet individu dont la parole ne peut pas, parfois même ne doit pas, circuler comme celle des autres. Sa parole et nulle et sans avenue, elle n’a ni vérité ni objectivité et ne peut en aucun cas faire foi en justice. En revanche, on prête à ce même individu les pouvoirs d’un visionnaire hors du commun qui perce les secrets d’une vérité que seuls les éclairés d’entre nous pourraient déceler. La parole du fou ou bien n’était pas entendue du tout, ou bien, si elle l’était, était entendue comme une vérité absolue.
De son côté, Bourdieu érige le langage en instrument de pouvoir. Ainsi, dit-il dans « Ce que parler veut dire », « celui qui a la parole, qui a le monopole de fait de la parole, impose complètement l'arbitraire de son interrogation, l'arbitraire de ses intérêts. ».
Omar avait cette aptitude à parler et à dire. Mais Omar ne dit pas n’importe quoi. Il dit surtout ce qu’il pense. Dans ses dires transitent les fantasmes, les tabous, les non-dits, le confiné, le révoltant camouflé, le désir masqué par la rigueur de la morale et par la normativité sociale. Mais pourquoi tant d’admiration à ce Omar qui n’est finalement autre qu’un…fou ?
Ma réflexion peut être décevante, voire parfois déprimante, ce n'est pas que j'aie quelque plaisir à décourager. Au contraire, c'est que la connaissance des réalités porte au réalisme et que le droit à la liberté d’expression est inaliénable et imprescriptible. Je dirai qu’il y a tant d’admiration au personnage de Omar parce qu’il dit plus haut ce que tout le monde pense tout bas. D’aucuns diraient, sans rancune, mais vous parlez d’un fou ! Soit, mais pourquoi précisément ce fou sachant que les fous ce n’est absolument ce qui manque à Tinghir (les figures emblématiques de Ala Rabi, Lallafou, Oubéibé en témoignent) ? En sus, nous avons tous des zones grises qui, après examen, pourraient être qualifiées de pathologies ou d’égarement mental dangereux. Mais, Dieu merci, nous échappons à cette modalité sociale d’exclusion parce que certains d’entre nous mettent des cravates et des costards de chez Celio, d’autres enchaînent le discours sur la religion comme pour nous vendre leur intégrité et leur droiture, d’autres ne parlent que le langage du numérique laissant croire qu’ils sont bel et bien des James bond New Generation, et d’autres encore ne jurent que par la politique ; et à les entendre nous conclurons qu’avec eux, nos problèmes trouveront leurs issues en une semaine…wonderful.
Nous adorons, aimons et admirons Omar parce qu’il possède un laissez-passer que nous, les saints d’esprit, nous ne possédons pas. (En réalité on peut disposer de ce sésame à condition de bien renoncer à notre raison et que la communauté des saints d’esprit déclare officiellement notre folie…c’est toute une procédure). Grâce à ce laissez-passer, Omar peut transiter, sans restriction aucune, entre le réel et le non-réel, le vrai et le faux, l’amer et le sucré, le salé et Amssouss, le claire et le flou, le physique et le métaphysique, le visible et l’invisible…
Nous acceptons et admirons Omar parce qu’il nous permet, à travers ses dires et ses faits, de réaliser nos fantasmes, d’extérioriser notre malaise psychologique et nos désirs confinés dans les cadres préétablis de la sociabilité. Omar, c’est notre miroir, notre inconscient, notre refoulé…Omar n’est donc ni un fou, ni un sage…Omar c’est Nous conjugué au singulier.
Dans l’héritage de Omar, chacun d’entre nous peut trouver sa place…nous vous inquiétez pas, il y en a pour tout le monde : grands et petits, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, croyants et non croyants, ignorants et instruits, Ait Issa et Ait Tinghir…Car Omar est un grand commerçant, un fin connaisseur des traditions, un libéral, un démocrate, un instituteur, un bon parleur, un homme digne de respect et de confiance, un idéal pour une femme. Il est aussi un chauviniste, un anticonformiste, un anarchiste, un feignant, un sans scrupule, un malin et un dragueur de grande renommée qui pourrait même donner des leçons sur les femmes aux Play-boys italiens.
Qu’avons-nous retenu de la vie de ce personnage hors du commun ? Rien si ce n’est une dichotomie voir même un télescopage entre un Omar le fou et un Omar le sage. Jamais l’idée que Omar n’était autre qu’une mini représentation mentale d’un groupe social qui se nomme Tinghir. Nous ne voulons pas accepter cette idée, car nous estimons, à raison peut-être, qu’elle est dangereuse. En effet, dire que Omar c’est Nous, c’est dire que tous les Tinghiriens et Tinghireinnes sont des fous…
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Posté le: 07 Mar 2005, 3:48 Sujet du message: omar ouali
Omar passa devant un groupe du gens dans un café, l'un deux dit à ses camarades : regarder je vais me moquer d'Omar, il appela Omar et lui demanda de s'asseoire prendre un verre avec eux, à peine Omar assis le monsieur lui dit:
" Et tu peux nous dire ce qui te sépare d'un âne Omar?"
notre ami Omar surpris mais termine son thé tranquillement et en se levant il dit:
" la table me sépare de l'âne "