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la langue amazigh ''KABYLE

 
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almahdi17
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Inscrit le: Oct 15, 2007
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MessagePosté le: 11 Nov 2007, 22:50    Sujet du message: la langue amazigh ''KABYLE Répondre en citant

Le berbère parlé en Kabylie, le kabyle – taqbaylit – est le principal dialecte berbère d’Algérie ; il représente sans doute les 2/3 des berbérophones d’Algérie. Avec le touareg et le tachelhit du Sud-Ouest marocain, il est une des variétés régionales les plus étudiées et les mieux connues. On dispose donc pour ce dialecte de nombreux outils et documents (voir bibliographie)



Quelques données générales

Le kabyle est la langue maternelle et usuelle de l’immense majorité de la population de Kabylie : près de 85% des habitants de la Kabylie déclarent avoir le berbère comme langue maternelle.
On peut estimer la population kabylophone à environ 5,5 millions de personnes, dont 3 à 3,5 millions vivent en Kabylie même, et 2 à 2,5 millions dans les grandes villes d’Algérie (surtout Alger), mais aussi en France où vivent probablement plus d’un million de Kabyles.
En Kabylie, l’usage du berbère est tout à fait prédominant : il est langue d’usage général dans les échanges quotidiens, villageois et urbains, pour toutes les générations.

Quelques traits marquants du kabyle

Il existe une forme dominante du kabyle, fondée à la fois sur le poids démographique, l’extension géographique, la représentation dans les études berbères et la production culturelle moderne – que ce soit la chanson ou l’écrit littéraire : il s’agit de la variété de kabyle parlée dans ce que l’on appelle la "Grande Kabylie" et principalement la Kabylie du Djurdjura ou Haute Kabylie, le kabyle des "Zouaouas", comme l’on disait au XIXe siècle. Cette sous-région est aussi associée au nom des grands berbérisants autochtones du XXe siècle, de Boulifa à Mammeri. On présentera ci-dessous les tendances lourdes de ce "kabyle classique".
Néanmoins, cette prédominance ne doit pas faire illusion : le kabyle est assez diversifié et il existe des variétés locales de la langue assez différentes, notamment en Petite Kabylie, dans la région de Bougie et au-delà, dans les Babors ou la partie occidentale de la Kabylie… Ces variétés locales de kabyle commencent à être beaucoup mieux connues grâce aux travaux menés par les jeunes chercheurs locaux, notamment à l’Université de Bgayet (Bejaïa-Bougie) et de Tizi-Ouzou.

Phonétique

Le kabyle, en dehors de la Kabylie orientale à partir de Bgayet (Bougie/Bejaïa), est caractérisé par une série de traits phonétiques, fortement marqués, qui donnent à ce dialecte une "identité phonétique" forte. Les caractéristiques plus importantes de la prononciation kabyle sont les suivantes (API = Alphabet Phonétique International) :

– La spirantisation des occlusives (qui est un affaiblissement de l’articulation des consonnes occlusives) : que l’on retrouve aussi en rifain et dans la plupart des dialectes berbères du Nord :
baba > baba "papa/père"(API [ßaßa]) ; da > da "ici" (API [ða]) ; tafat > tafat "lumière" (API [qafaq]) ; akal > akal "terre" (API [açal])…

– L’affriction des dentales ("ts" = [ts, tts], notées habituellement [ţ, ţţ], et des pré-palatales ("tch" et "dj" = [č] et [ǧ]) :
d tamɣart > [ttamɣart] > [ţţamɣart] "c’est une/la vieille"
[tš] = č : čč, "manger" (distinct de [šš], noté cc (cri pour chasser un animal) ;

[dž] = ǧ : ğğiɣ "j'ai laissé" (distinct de žžiɣ/jjiɣ "je suis guéri"

Le passage à l'écrit

Le souci de définir et de diffuser une graphie usuelle pour leur langue a été partagé par tous les berbérisants kabyles depuis le début du XXe siècle. Formés à l'Ecole française, ayant acquis leurs instruments d'analyse à partir de la langue française, tous ces acteurs ont diffusé, depuis un siècle, des graphies du berbère à base latine.
La volonté de sortir la langue de la stricte oralité s’est traduite par la publication d'importants recueils littéraires ou de textes sur la vie quotidienne. Le mouvement de production à l’écrit, commencé dès le début du XXe siècle, s'est poursuivi régulièrement, avec un net regain depuis 1970, si bien qu'il existe actuellement :
– des traductions-adaptations en kabyle d'oeuvres littéraires internationales ou maghrébines (Brecht, Beckett, Molière, Lu Xun, Gibran Khalil, Kateb, Feraoun, Mammeri …) ;
– des oeuvres littéraires originales : des pièces de théâtre, des recueils poétiques, des nouvelles et des romans ;
– des essais historiques et même des écrits scientifiques (linguistique, mathématiques, histoire) en kabyle.
On peut donc désormais parler d'une littérature écrite kabyle.

La question du statut

Après trois décennies d’hostilité vis-à-vis du berbère et de politique volontariste d’arabisation, l’Algérie a sensiblement assoupli sa position à l’égard de la langue et de la culture berbères. Le berbère a retrouvé sa place en 1990 et 1991 dans l’Université algérienne ; depuis 1995, des expériences d’enseignement facultatif de la langue sont menées dans les collèges et lycées. Et, depuis mai 2002, le berbère a même acquis le statut de seconde « langue nationale » dans la constitution algérienne, à côté de l’arabe qui reste seule « langue officielle et nationale ». Cette évolution politique et juridique concerne bien sûr l’ensemble de la berbérophonie algérienne ; mais elle a eu un impact tout particulier en Kabylie dans la mesure où cette région était, depuis plusieurs décennies, à la pointe de la revendication en faveur de langue berbère (voir Chaker 1998).

La langue berbère de Kabylie, héritière d’une histoire tourmentée et soumise à de très fortes pressions externes, manifeste désormais une vitalité et un dynamisme certains ; elle est la seule variété du berbère qui ait fait l’objet depuis plus d’un siècle d’une prise en charge par ses propres locuteurs. De ce fait, le kabyle est en passe de réussir son « passage à l’écrit », à travers la stabilisation d’une notation usuelle à base latine, par le développement d’une littérature écrite déjà conséquente et l’émergence d’usages écrits diversifiés.

Orientation bibliographique pour le kabyle

Sur la Kabylie en général et le berbère qui y est parlé, on pourra se reporter à :
– Encyclopédie berbère, fascicule XXVI, Aix-en-Provence, Edisud, 2004, qui propose de nombreuses notices de synthèse sur la région.


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