L'auteur:
Malika Mokeddem est née le 5 octobre 1949 à Kenadsa. Elle fait des études de médecine à Paris, puis à Oran. Elle s'installe à Montpelier en 1979. Elle y exerce la profession de néphrologue. Son époux est français. Elle arrête l'exercice de ses fonctions en 1985 pour se consacrer à la littérature. "L'interdite" a été publié en 1993.
Introduction:L'interdite, c'est Sultana Medjahed. Elle est interdite dans le petit village d'Aïn Nekhla. De la même façon, il est interdit de lui parler, de sympathiser avec elle.
I: Différentes formes d'exil:
Exil physique:
Adolescente, Sultana Medjahed est partie de son petit village d'Aïn Nekhla, au Sud de l'Algérie. Elle en est partie faire ses études à Oran, puis exercer le métier de médecin à Montpellier. A l'époque de l'histoire, elle retourne dans le petit village. Elle revient parce que son ancien amour, Yacine, lui-même médecin dans ce village est mort. Elle vient assister à son enterrement, mais peut-être vient-elle surtout régler des comptes avec son passé et le village. Il semblerait que l'exil ait eu des bien faits, comme la possibilité d'étudier, de devenir médecin, mais aussi des conséquences néfastes pour Sultana. Elle semble n'avoir de place nulle part: "Les vraies algériennes n'ont pas de problèmes avec leur être. Elles sont d'une époque, d'une terre. Elles sont entières. Moi, je suis multiple et écartelée depuis l'enfance. Avec l'âge et l'exil, cela n'a fait que s'agraver. Maintenant, en France, je ne suis ni algérienne, ni même maghrébine. Je suis une arabe. Autant dire rien. Ici, je ne suis pas plus algérienne. Ni française, je porte un masque. Un masque d'occidentale? Un masque d'émigrée? Pour comble du paradoxe, ceux-ci se confondent souvent. A force d'être toujours d'ailleurs, on devient forcément différent."
Yacine est Kabyle. Il a, lui aussi fait ses études à Oran, en même temps que Sultana. Alors qu'elle s'exile en France, il s'exile à Aïn Nekhla où elle a vécu son enfance. Son seul espoir, c'est de la faire revenir.
Le père de Sultana était un Chaâmbi (tribu des hauts plateaux). La mère de Sultana aurait dû épouser Bakkar, le maire actuel, mais elle a préféré le Chaâmbi. Cela exacerbe peut-être la haine de Bakkar vis-à-vis des étrangers.
Exil mental:
Sultana s'exile dans sa tête. Elle a des hallucinations. Elle est persuadée que Yacine habite encore la maison qu'il habitait avant de mourir. A un moment, elle voit une voiture sans conducteur la suivre. Enfin, en rentrant de l'hôpital, elle est prise dans une tempête de sable qui n'existe pas. Ces hallucinations sont peut-être des barrières qu'elle érige entre elle et la vérité qu'elle refuse de se rappeler.
Dalila est une petite fille d'environ dix ans. Elle s'exile dans sa tête. Tout au long du roman, elle parle de sa soeur Samia qui est partie en France. La soeur de Dalila refuse le joug d'un homme, elle continue ses études. Les hommes de la famille, surtout les frères de Dalila, la rejettent car elle a osé transgresser les règles du village selon lesquelles les femmes sont soumises à leur père puis à leur mari. Sa façon d'agir évoque celle de Sultana. A la fin du roman, le lecteur apprend que Samia est en fait, une invention de Dalila. Dalila projette ses rêves sur cette invention. "Samia, elle veut seulement étudier et marcher dans les rues quand elle veut, et être tranquille." Lorsqu'elle parle de sa prétendue soeur, elle a l'air très au courant de la situation que vivrait une algérienne exilée. "(...) là-bas aussi, Samia, elle a pas son espace parce qu'elle est une étrangère et que Samia est une étrangère partout." Lorsque Dalila dit ça, le lecteur ne peut s'empêcher de penser à la situation de Sultana. A travers elle, l'auteur veut-elle dire qu'un exilé vit inévitablement cette situation? D'autre part, Dalila est une enfant solitaire. Au long du roman, Vincent et Sultana la rencontrent sur une dune, là où elle avait l'habitude de rencontrer Yacine. Chaque fois, elle leur dit qu'ils ont fait fuir quelqu'un ou quelque chose qui vient la voir quand elle est seule et à qui elle raconte tout. On peut penser que c'est une autre invention, mais on n'en n'a jamais la preuve, étant donné qu'elle ne fait aucun bruit, que Sultana et Vincent ne la voient jamais, qu'elle ne laisse pas de traces, et que Dalila ne dit jamais qui c'est. Dalila s'entoure donc d'imaginaire, de rêve, d'espace, pour fuir la réalité de sa future condition de femme qu'elle devine trop bien en regardant sa mère. C'est une sorte d'exil mental. Cette fuite dans le rêve est parfois teintée d'humour: "Ma soeur Samia, elle dit que nous, les filles d'Algérie, on est toutes des Alice au pays des merguez. Comme on n'a jamais de merveilles, on met des épices partout partout. Les rêves sont mes épices."
Exil de la différence:
Sultana s'exile aussi par ses actes: elle va habiter chez Yacine, la première nuit avec Salah, la seconde avec Vincent et la troisième avec les deux. En outre, on ne laisse pas les femmes assister aux enterrements et elle assistera à celui de Yacine. Et elle ne pourra pas s'empêcher de provoquer le village en prenant la tête du cortège. Plus tard, les femmes se révoltent contre les intégristes du village, contre les hommes qui les assujettissent. Elles voudraient faire de Sultana leur porte-parole. Mais elles aussi voudraient la changer. Elles trouvent qu'elle se conduit trop légèrement. Sultana refuse de prendre la tête de la révolte. Elle est d'accord: les femmes doivent se révolter, mais elle ne partage pas leur combat. Son combat est celui de la liberté de la femme, certes, mais aussi un combat personnel à cause de ce qui lui est arrivé quand elle était enfant par la faute de ces mêmes hommes qui veulent la chasser aujourd'hui. Depuis l'enfance, elle est différente à cause du secret de la mort de sa mère. Ensuite, adolescente, elle a eu la chance de rencontrer Paul Challes qui habitait la maison qui serait occupée plus tard par Yacine. Lui aussi était médecin. Il a appris à Sultana à aimer la musique et la poésie. Certains hommes du village n'y ont vu que luxure. Sultana ne revient pas pour se fondre dans la masse, mais pour crier sa différence.
Le père de Sultana aussi était différent. Outre qu'il était d'une tribu des hauts plateaux, il adorait sa fille.
Dalila est également différente des autres. Elle veut apprendre le français, et veut s'instruire d'une manière générale. "Depuis cinq ans, (...), quand je sors de l'école, je vais dans la maison de Ouarda, (...) elle est maîtresse au collège. (...) Je garde son bébé. Je me suis louée chez elle. Pas pour l'argent, pour qu'elle m'apprenne. Je travaille beaucoup seule aussi, et je lui montre quand elle a du temps. (...) Elle dit que je fais des grands progrès très vite." Elle est différente de ses frères qui ne font rien en classe. De plus, elle lit le dictionnaire, même quand elle ne comprend pas. Ca lui "promène la tête".
II: Choc des cultures:
Points de vue négatifs:
Certains points de cette culture sont jugés négatifs par Sultana. Quand Elle discute avec Dalila, et que celle-ci emploie des mots arabes au milieu de mots français, Sultana la reprend. C'est une forme de refus de la culture algérienne. Sultana ne veut pas de mélanges. Dalila lui fait d'ailleurs une remarque à ce sujet. Elle lui dit qu'elle est une "vraie mélangée": c'est-à-dire qu'elle est vraiment assimilée à la culture française. Si Sultana se rappelle parfaitement certaines caractéristiques de sa culture d'origine, sa culture française fait qu'elle ne les supporte plus. Peut-être ne les a-t-elle jamais supportées. "Je n'ai rien oublié: ni cette curiosité qui cingle. Ni cette ingérance qui s'arroge tous les droits. Quand l'inquisition est érigée en civilité, les questions sont des sommations et se taire devient un aveu 'd'infamie."
De plus, lorsque Sultana exerce sa profession pendant quelques jours à Aïn Nekhla, elle replonge dans l'ignorance dont témoignent certains hommes. Elle a un regard mi-amusé mi-excédé sur cette primitivité. Un homme veut qu'elle le guérisse sans avoir à l'examiner. Certains autres sont sûrs que la solution à leurs maux est la piqûre. Il y a aussi une fillette qui a peur de perdre sa virginité juste parce qu'on le lui souhaite. Tous ces gens et d'autres encore montrent que sur certains plans, le village a des progrès à faire. Et puis, certains hommes ne veulent pas être examinés par une femme.
Pourtant, Sultana évoque son adolescence où "les premiers suppositoires distribués avaient été fondus dans le thé et bus", où "les pomades ophtalmiques avaient été prises à la petite cuillère et poussées par des gorgées de thé", et ce petit trait humoristique Est aussi une petite note d'espoir: les choses évoluent, même si ce n'est pas aussi vite qu'elles le devraient.
D'autre part, Sultana ne s'est jamais habituée à son exil, et en même temps, elle n'a jamais pu revenir dans son village. En elle, les deux cultures s'opposent. Si Sultana ne peut accepter complètement aucune des deux cultures, lorsqu'elle revient, elle reprend tout naturellement certaines habitudes. Par exemple, elle tutoie le chauffeur de taxi. Elle n'a pas non plus oublié les paysages, les odeurs, les gens. Elle est toujours très imprégnée de sa culture algérienne. Par exemple, elle parle d'une "fleur jaune à l'arôme entêtant". Elle dit: "J'en ignore toujours le nom français."
Dalila aussi ne voit que les mauvais côtés de la culture algérienne. Elle voit sa mère qui travaille toujours, qui dit que "l'enfer c'est tous les jours, c'est maintenant", qui est soumise et qui est frappée par tous les hommes de la maison, surtout ses fils islamistes. Elle fuit donc cela dans les études et les rêves d'espace. Peut-être sent-elle confusément que les études l'aideront à s'éloigner de son destin de femme algérienne dans un village gouverné par un intégriste. Peut-être s'invente-t-elle une soeur parce qu'imaginer ce qu'elle pourrait faire plus tard la stimule. Cela montre aussi qu'elle sait pertinemment que les hommes de sa famille la renieront si elle sort du chemin tracé par eux. Peut-être est-ce un moyen de s'y préparer.
Points de vue positifs:
Au début du livre, le lecteur pourrait croire que Sultana renie sa culture. En fait, elle en rejette les aspects jugés négatifs. Ces aspects négatifs se confondent avec l'ostracisme qu'elle a connu lors de son adolescence, avec son histoire personnelle. Mais Sultana ne rejette pas la culture algérienne en bloc au profit de la culture française. Cela se voit surtout dans sa discussion avec Dalila.
"-(...) L'école, elle est plus l'espace où on apprend. (...) C'est qu'une fabrique d'abrutis et de petits islamistes. (...)
-Pourtant, toi, tu réfléchis et tu contestes.
-Oui, mais des comme moi, y'en n'a pas beaucoup. (...)
-Quelles sont ces menaces que t'inflige l'école?
-Ces bêtises du Hadith qui veulent te faire vivre comme elles vivaient, les femmes et la fille de Mohammed le prophète. (...) Et si tu refuses de suivre ce chemin, on te promet tous les enfers. Les maîtres d'école sont si contents de dire comment on te fera bouillir dans une grande marmite de méchants. (...) La lecture de l'école, c'est toujours l'histoire d'une petite fille sage qui aide bien sa maman alors que son frère, lui, il joue dehors. C'est tout ce que je veux pas être, tout ce que je veux pas faire! (...) Dis-moi d'abord pourquoi la langue qu'on parle à la maison et dans la rue est pas la langue de l'école.
-Parce que les hommes d'état, ceux qui ont gouverné l'Algérie depuis l'indépendance, l'ont taxée de dialecte.
-Mes parents comprennent pas tout à la radio et à la télé. Il faut toujours leur expliquer.
-A l'indépendance, les dirigeants ont décrété que deux des langues algériennes, l'arabe maghrébin et le berber, étaient indignes de la scène officielle. Pourtant, leur résistance aux différentes invasions depuis des siècles témoigne de leur vivacité et aurait dû les consacrer. (...) Quant à la troisième langue du pays, le français, il est devenu la langue des vendus, des suppôts du colonialisme. Tu comprends, c'est une façon efficace d'écarter les uns et de jeter le discrédit sur les autres: ceux qui pouvaient contester le régime. Une tactique pour museler tout le monde, en somme. (...) Le peuple, ils l'ont mutilé et abandonné.
-Pourquoi l'arabe, c'est que la langue de la peur, de la honte et des péchés? Surtout quand on est une fille!
-(...) En d'autres temps, l'arabe a été la langue du savoir et de la poésie. Elle l'est encore pour quelques poignées de rebels et de privilégiés. Tu dois continuer à résister et à apprendre ailleurs ce que tu ne trouves pas à l'école."
Dalila parle aussi à Sultana de l'émigration et explique que les femmes veulent marier leurs filles avec des émigrés pour pouvoir aller en vacances "dans lafrance".
Les circonstances du voyage de Vincent et de l'exil de Sultana ne sont pas les mêmes. Il voyage en Algérie pour découvrir ce pays. Il vient en touriste. Il veut découvrir une autre culture, sans pour autant remettre la sienne en question, contrairement à Sultana qui le vit mal. Donc, il est très réceptif à tout ce que pourrait lui apporter cette culture. Malgré cela, il y a de petites choses auxquelles il ne s'habitue pas, comme l'appel du muezzin. Vincent veut découvrir l'Algérie et en comprendre la culture parce qu'il a, en lui, une part d'Algérie. En effet, il s'est fait greffer un rein. C'était le rein d'une algérienne, et il avait "une parfaite identité tissulaire avec le donneur". Cette coïncidence, cette preuve qu'il n'existe aucune différence entre les hommes sinon celles qu'ils créent eux-mêmes, le poussent à vouloir en savoir plus sur le pays de la personne qui a la même identité tissulaire que lui. Il ne cesse de penser à cette jeune algérienne qui a dû mourir, et qui lui a légué son rein, et une partie de sa culture. Du moins, le ressent-il ainsi. Par exemple, il mange épicé pour ne pas déshabituer le rein. Pourtant, ce n'est pas parce que la femme était algérienne qu'elle mangeait obligatoirement épicé. Surtout si elle était partie, comme Sultana.
D'autre part, Vincent sympathise avec des algériens: Taïeb, Moh. Cela lui est plus facile: c'est un homme, il est prêt à tout découvrir. Il n'a pas de passé avec ce pays, contrairement à ce qu'il croit à cause de son rein. De plus, il a déjà une opinion favorable et se méfie des clichés français sur l'Algérie. Il résume assez bien la complexité de la situation du pays lorsqu'il parle des journaux: "(...) quelques-uns médiocres, qui perpétuent la langue de bois. D'autres, excellents: mêlant spontanéité et analyse savante, véracité du ton, humour et férocité, verbe savoureux, français fricassé d'algérien, langue métissée."
Vincent est donc prédisposé à tomber amoureux de Sultana, à travers laquelle il cherche la jeune algérienne qui lui a "donné" son rein et sa culture. Il a le coup de foudre pour elle qui représente, à ses yeux, l'exotisme de l'Algérie. D'un autre côté, Salah aussi tombe amoureux de Sultana. Il prône l'égalité entre les hommes et les femmes. Il tombe donc amoureux de la Sultana occidentalisée, avec qui il peut parler sur un pied d'égalité. Pourtant, au début du roman, il rejette cette Sultana-là en lui reprochant sa culture occidentale.
Conclusion:
Ce livre est très riche tant par ses personnages que par son texte. Plusieurs formes d'exil y sont décrites. On voit aussi la complexité des sentiments des algériens vis-à-vis de leur culture. Malika Mokeddem nous montre que tout n'est pas tout blanc ou tout noir. D'ailleurs, l'auteur mêle des mots algériens au texte français. Elle les explique par des notes ou, lorsqu'ils sont employés par Dalila, par des explications données par Sultana. A la fin, elle laisse une note d'espoir. Sultana a exorcisé ses démons, et explique même qu'elle continuera de se battre pour les enfants comme Dalila et Alilou. Dalila, même si elle reste dans sa famille, obtient des livres, des dictionnaires et du matériel de peinture. Dalila est une promesse, un espoir pour les générations futures.
lalivrophile.net
Inscrit le: Oct 07, 2005 Messages: 456 Localisation: rabat /maroc
Posté le: 16 Fév 2006, 11:57 Sujet du message: Histoire de ma vie
Fadhma Ait Mansour Amrouche raconte sa vie, une vie plus souvent peuplée de misères que de joies. Elle est née en 1882 dans un petit village de la Kabylie. Son père a refusé de la reconnaître, pour la protéger des méchancetés des villageois sa mère a dû très tôt l'envoyer en pension dans un couvent. Elle a alors appris à lire et écrire en français et est devenue chrétienne. Par la suite elle s'est mariée avec un kabyle, chrétien aussi. Plus tard ils ont dû s'exiler en Tunisie, pays où ils ont vécu durant 40 ans et où elle ne s'est jamais sentie chez elle...
C'est le récit de sa vie mais aussi de tout ce qui est au tour, un grand témoignage d'un point de vue historique, rare sont les femmes kabyles, en ce temps-là, qui sont allées à l'école. Elle a écrit ce livre alors qu'elle était déjà avancée en âge mais elle s'exprime clairement, simplement et sincèrement avec un style bien personnel. C'est un livre qui se lit aisément.
Fadhma Aïth Mansour Amrouche est aussi poète, elle a sauvegardé les chants berbères de son pays pour les transmettre à ses enfants, Jean et Taos. À la fin du livre on retrouve sept de ses poèmes qu'elle a écrit à la mort de trois de ses fils.
Inscrit le: Aug 17, 2005 Messages: 501 Localisation: Maroc
Posté le: 16 Fév 2006, 14:52 Sujet du message: Bibliothèque
Soussi, ton idée de bibliothèque est géniale ! J’ai pris un plaisir à lire les posts présentant synthétiquement les deux livres. J’espère que cette bibliothèque sera alimentée régulièrement en proposant en l’occurrence des titres d’ouvrages d’auteurs berbères (accompagnés d’une petite synthèse comme tu l’as fait) ce qui permettra aux personnes intéressées d'avoir une idée sur les livres à se procurer selon leurs choix évidemment.
PS : tu n’aurais pas été inspiré par la semaine du Livre à Casablanca par hasard
Soussi, ton idée de bibliothèque est géniale ! J’ai pris un plaisir à lire les posts présentant synthétiquement les deux livres. J’espère que cette bibliothèque sera alimentée régulièrement en proposant en l’occurrence des titres d’ouvrages d’auteurs berbères (accompagnés d’une petite synthèse comme tu l’as fait) ce qui permettra aux personnes intéressées d'avoir une idée sur les livres à se procurer selon leurs choix évidemment.
PS : tu n’aurais pas été inspiré par la semaine du Livre à Casablanca par hasard
Merci rifaine, je vais essayer de l alimenter chaque fois qu il m est possible,
Pour l idée tu peux bien voir la date de la création mdr, c été avant la semaine du Livre à Casablanca,
Les idées c n’est pas ca qui manquent, question de temps c est tout
Posté le: 16 Fév 2006, 18:13 Sujet du message: merci
merci , cher sousi pour l'idée ,
c'est vrais c'est question de temps .
et le premier ouvrage est tres riche, je vais l'acheter si je le trouve a rabat.
Inscrit le: Feb 02, 2005 Messages: 4319 Localisation: voisine de soria, tahnaout, hold up geopolitique
Posté le: 16 Fév 2006, 20:40 Sujet du message: c parti
si je peux me permettre soussi est ce qu'on peut aussi participer a cette bibliotheque, nous serons tes assistants car dans une grande bibliotheque il y a plusieurs documentalistes non?lol
bref j'aimerai aussi conseiller un livre que j'ai lu recemment(ca serait bien de partager nos livres qu'ils soit berbere ou non ok?)
par contre jme vois pas faire une analyse comme la tienne lol jvais donner le resumé les caracteristiques et voila ca me rapelleras mes etudes litteraires lol
donc c parti
Inscrit le: Oct 07, 2005 Messages: 456 Localisation: rabat /maroc
Posté le: 16 Fév 2006, 21:01 Sujet du message: biblio
Non vs ne pouvez pas mettre vs participation, vs devez me payer des frais pour ce faire mdr
En revanche, y a une promotion gratuite pour toute publication du maintenant jusqu a je sais pas
Alors veillez profiter de cette offre et ns faire partager vs livre !
Inscrit le: Feb 02, 2005 Messages: 4319 Localisation: voisine de soria, tahnaout, hold up geopolitique
Posté le: 16 Fév 2006, 21:09 Sujet du message: la cousine k
le livre dont je vais parler est assez court mais si intense a mon gout
il s'agit d"une"ecrivain algerienne qui s'apelle YASMINA KHADRA
tout d'abord je precise qu'il s'agit juste d'un pseudonyme et qu'il s'agit en fait d'un algerien:Mohammed Moulessehoul, connu pour avoir ecrit
"l'ecrivain"
il a pris ce pseudonyme afin d'eviter d'etre censuré etant donné qu'il faisait parti de l'armée et qu'il n'etait pas autorisé a ecrire de telle maniere...
Né le 10 janvier 1955 à Kenadsa (Béchar). Père officier. Cadet militaire depuis l'âge de 9 ans - Ecole des Cadets de Tlemcen en 1964, de Koléa en 1968 - il était, jusque récemment, officier de l'ANP (depuis 1975), commandant 2e région militaire en Algérie. Il a publié d'autres textes sous le pseudonyme du Commissaire Llob.
voila en ce qui concerne l'auteur, passons maintenant au sujet du livre:
(vive le scanner)
le resume:
"hanté par la mrot de son pere, oublié par sa mére, blessé par l'absence de son frere adoré, un jeune Algerien de l'apres-guerre se laisse peu a peu envahir par ses sentiments pour sa belle cousine.
Trés vite, cet amour devient obsession et névrose.Comment s'approprier cette fille capricieuse, si proche et pourtant si inaccessible?Entre les deux adolescents, une relation de victime a bourreau s'installe.
Croyant apaiser sa souffrance, l'amoureux envisage de se venger de l'indifference.
Va-t-il l'emprisonner, la violer, la tuer?
Dans le silence du douar étouffant et torride, une tragédie se prepare..."
voila le resumé au dos du livre, en fait ce livre est presenté sous forme de monologue c un jeune qui nous donne et qui nous confie ses pensées des plus saines au plus violentes
une violence qu'il exprime et qu'il developpe a travers son amour pour sa cousine qui est devenu une obsession
on se rend vite compte qu'il ne s'agit pas ici d'amour mais d'un etre dont la psychologie est atteinte a son paroxysme,abandonné mal aimé et perdu ds une misere au fin fond de son village,il pose toutes ses douleurs sur un amour passionel,romantique et malsain a la fois
c un livre poignant superbement ecris voir meme desesperant
d'ailleurs j'ai envie de partager quelques extraits de ce livre qui touche, ou plutot qui moi m'ont marqué(le temps que je retrouve les pages lol)
en parlant de sa cousine:
"Le soir, quand elle rejoignait son lit, la nuit languissait d’elle au point de porter le deuil jusqu’au matin"
"Amal est belle comme savent l’être les femmes qui sont faites pour les autres. Lorsqu’elle se lève au petit matin, c’est à peine si elle laissait quelque chose au jour "
je trouve ces deux phrases superbe et poetique
enfin un dernier extrait:
"confiné ds une solitude que je subit au coeur d'un pays aride, renfrogné et hostile, conçu uniquement pour subir"
bref a vous de le decouvrir je ne pense pas qu'il soit decevant
au final connaissant l'auteur on se demande si cette cousine K n'est autre que son propre pseudonyme "khadra" et donc je donne une hypothese
vu qu'il est ds un monde trés dur armée algerienne ou il ne peut faire ce qu'il veut ecrire ce qu'il veut il rejete tout cela sur ce fameux pseudonyme "yasmina khadra" et la fameuse cousine K
Posté le: 16 Fév 2006, 21:46 Sujet du message: ...
j'aime bien lire l'histoire de mon pays.
je vous propose ici l'un des premiers livre en deux tome qui m'a fait découvrir des réalités historiques sur Imazighen.
GUERNIER (Eugène) — Le destin de l'Afrique du Nord. La Berbérie, l'Islam et la France. Paris, Éditions de l'Union Française, 1950. . Extrait du propos liminaire :
« Cet ouvrage n'a aucune prétention scientifique. Il ne constitue qu'un essai : faire revivre l'âme d'un peuple oublié.
Jusqu'ici tous les historiens modernes ont écrit l'histoire de la Berbérie « vue du dehors » ; l'originalité de cet essai sera d'avoir tenté de l'écrire « vue du dedans ». Changement d'optique.
Il appartiendra a d'autres de suivre l'idée, de la reprendre à la lueur de textes encore inconnus et de découvertes nouvelles que les archéologues, les historiens, les archivistes ne cessent de faire. Peut-être même verrons-nous, quelque jour, les Berbères eux-mêmes travailler à la résurrection de leur âme en découvrant l'héritage spirituel légué par les générations disparues.
Cette terre de Berbérie qui lut le lieu de passage de toutes les invasions, qui, depuis vingt-cinq siècles, n'a cessé de subir l'oppression de quelque envahisseur, non seulement conserve la marque d'une civilisation toujours vivante, mais encore ressent les pulsations d'une âme toujours sienne. »
ok alors retire le mien lol
si c que berbere c pas au bon endroit
je trouve dommage de limiter notre partage literraire qu'aux ecrits berberes ou en relations avec
c trés bien qu'on en decouvre on qu'on nous en conseille
mais j'aime bien depasser les limites toujours et toujours n'est ce pas soussi toi qui me connait lol
oki ca marche alors va pour les livre nimazighen na3
Posté le: 16 Fév 2006, 22:41 Sujet du message: le piege berbere
PIEGE BERBERE
de : Dan Chartier
Editeur(s) : Anne Carrière
Genre : ROMAN CONTEMPORAIN
Date de Parution : 02/06/2004
Un jeune tagueur est tué à Annecy et amputé d'une main. Un deuxième, puis un troisième meurtres se produisent, prémices d'une enquête difficile. Le commissaire Marac reconnaît dans la dernière victime un homme étrange venu lui remettre une plante, quelques jours auparavant, en lui demandant de "reconstituer les cinq piliers de la vérité". Tous les protagonistes étant d'origine berbère, Marac devra plonger dans le Grand Sud marocain, y vivre une aventure intense et affronter le djebel Sarhro et les sables sahariens. Du même auteur : Symphonie Lucifer ; Un sommeil de glace.
Non vs ne pouvez pas mettre vs participation, vs devez me payer des frais pour ce faire mdr
En revanche, y a une promotion gratuite pour toute publication du maintenant jusqu a je sais pas
Alors veillez profiter de cette offre et ns faire partager vs livre !
je crois que je dois mettre fin a la promotion , y a déjà pas male de clientèle mdr.
Posté le: 18 Fév 2006, 20:54 Sujet du message: BERBERE AU TEMPS ZERO
BERBERE AU TEMPS ZERO
Sous-titre : Where do you come from ?
Editeur / Edition : Lettres du Monde
Date de parution : 26/10/1999
Pages : 260 pages
DESCRIPTIF DU LIVRE
Ce livre a l'ambition de nous relater un grand événement.Quoi ! Quoi ! Un Miracle ! Crient ces pieuses gens.Où cela ! Où cela !A Lourdes ou à la Zaouia... ! s'interrogent les incrédules.Chut ! Chut !Entre nous, c'est un Secret !Cet ouvrage a le modeste honneur de nous le divulguer.C'est l'histoire d'un vieux " Berbère Animal " qui quitte sa cage pour aller en pèlerinage.En route, un coup de tonnerre de " Hurricane " ce dangereux ouragan du nom " d'Andrew le Cyclope " l'oblige à faire une halte dans cette grande Université des Etats Unis d'Amérique.Là, des voix fusent :Where do you come from ? "What is your origine ? "Là, un de ses immenses Ordinateurs l'éclaire par son savoir. Il lui démontre qu'il n'a jamais été un Animal mais un humain libre, total. Qu'il n'a jamais volé de voiture, malgré les temps durs. Qu'il est un Berbère viril, non un Eunuque puéril. Qu'il n'a jamais mangé à sa faim, par ignorance, qu'il est un Berbère Africain.C'est la prise de conscience qu'il a une Identité C'est la prise de conscience qu'il a une Langue C'est la prise de conscience que l'Afrique du Nord est sa Patrie.Hélas ! Hélas ! L'âge, ce Temps qui fait défaut, le laisse en porte-à-faux.Jeune Berbère, pour tout savoir de ce Miracle, Lis ce rêve dans ce petit ouvrage.Avant que tu ne vieillisses, jeune encore, tu trouveras sûrement courage d'un retour comme Ulysse.
Posté le: 22 Fév 2007, 16:29 Sujet du message: la kahina
«La Kahina» est le titre d’un ouvrage qui vient de paraître. L’auteur, Gisèle Halimi, retrace l’histoire à la fois héroïque et tragique de la Kahina, d’une manière romancée et romanesque. «Dans son contexte historique, je l’ai fait vivre, aimer, guerroyer, mourir. L’ai-je aimée en la faisant revivre? Oui, passionnément», souligne Gisèle Halimi dans son introduction.
La Kahina était berbère. Elle était peut-être juive, mais personne ne le sait vraiment. Née en l’an 656, dans l’Aurès, elle a battu en l’an 695 le général arabe Hassan Ibn Noman El Ghassani à l’oued Nini, lors de la cinquième expédition des Arabes en Ifrikiya, et l’a repoussé jusqu’en Cyrénaïque. Pendant cinq ans, cette femme extraordinaire, reine de l’Aurès, résista aux troupes du général arabe. Mais à l’occasion de la sixième expédition des Arabes en Ifrikiya, Hassan reprend sa revanche et remporte la victoire contre la guerrière qui meurt en l’an 700. Hassan s’empare alors définitivement de Carthage et 10 ans après, toute l’Afrique du Nord, de la mer Rouge à l’Atlantique, est annexée à l’empire des Khalifes, qui conquièrent aussi l’Espagne à cette époque.
Dans son ouvrage, Gisèle Halimi privilégie l’emploi des noms antiques, romains pour la plupart, en usage au VIIe siècle. «Cependant, les invasions arabes successives en Afrique du Nord ont entraîné la pénétration de quelques mots arabes dans les vocabulaires byzantin et berbère», indique l’écrivain en avertissement dans son ouvrage.
L’ouvrage redonne vie à cette femme exceptionnelle, qui, jusqu’à sa mort, a commandé les hommes, des montagnes de l’Aurès aux plaines de l’oued Nini. Ce qui est extraordinaire, car, comme l’indique Gisèle Halimi, «pour grande et belle qu’est leur Kahina, elle n’est qu’une femme, et jamais les berbères n’ont obéi à une femme».
La Kahina était, paraît-il, d’une grande beauté, nous raconte Gisèle Halimi. Avec des cheveux qui lui arrivaient jusqu’aux reins et vêtue d’une tunique rouge, elle chevauchait à la tête de ses armées. Très jeune encore, elle devient veuve et apprend à ses fils comment prendre le pouvoir sans jamais le céder. «Cette femme au pouvoir surnaturel me fascinait. Je rêvais, écolière, devant les ruines d’El-Djem où, dit-on, elle fit creuser un souterrain sous l’immense Colisée, afin de soutenir un siège», affirme l’auteur dans «Le lait de l’oranger», un livre écrit en 1988, et qui continuait son récit autobiographiqe initié avec «La cause des femmes», paru en 1974. La Kahina clôture ce cycle, par la recherche des origines.
En grande stratège, ''la Kahina'' ou DIHYA avait inventé, au VIIe siècle, la tactique de la terre brûlée, une tactique utilisée par les Russes quelques siècles plus tard pour mettre Napoléon en déroute. En maître incontesté et en véritable chef militaire, elle a régné sur une grande partie de l’Afrique du Nord, de l’Aurès à Bizerte, de Constantine à Tacapas. Connue pour sa grande générosité, elle a libéré tous ses prisonniers arabes, sauf un, Yésid ou Khaled, beau jeune homme, neveu de son ennemi. Elle adopta ce dernier en faisant le signe de l’allaitement, selon le rite berbère. Il devient certainement son esclave, mais aussi son amant, et ils tombent amoureux l’un de l’autre. C’est finalement lui qui la livre aux Arabes. S’il l’a trahie, c’est parce qu’il ressentait pour elle de la fascination et de l’amour, mais aussi de la haine. En tout cas, la Kahina pressentit sa fin. Elle sauva d’abord ses fils, en leur conseillant la soumission et la conversion à l’islam. «Je n’ai pas retrouvé ce puits, Bir el-kahena, sur la margelle duquel elle fut, dit-on, décapitée. A moins qu’elle ne mourut dans l’une de ces criques, limpides comme au premier jour, près de Tabarka», s’interroge Gisèle Halimi.
Cette tragédie romanesque, écrite avec passion et talent, est très agréable à lire. C’est le genre d’ouvrages que l’on a du mal à lâcher, quand on l’a commencé. Non seulement la lecture de «La Kahina » est divertissante, mais en plus le lecteur se replonge avec plaisir dans l’histoire passionnante du VIIe siècle, en Afrique du Nord. L’ouvrage contient d’ailleurs au début quelques repères chronologiques qui aident à bien situer l’histoire de la Kahina dans le temps. Il comporte aussi une carte de l’ancienne Afrique du Nord, très utile pour se mettre dans le contexte de l’époque.
En fin d’ouvrage, les sources bibliographiques qui ont été utilisées, très nombreuses, sont listées. Les sources sont grecques, latines, arabes, persanes, maghrébines et berbères. Cette longue liste témoigne des intenses recherches effectuées par Gisèle Halimi. Les atlas historiques consultés sont également cités dans l’ouvrage.
zzLa Kahina'', DIHYA (les imazighen l'appellent ainsi ) sorti aux éditions Plon, est disponible dans les principales librairies des grandes villes, au prix de 248 DH.