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Posté le: 24 Jan 2006, 16:39 Sujet du message: Lettre ouverte à une mère berbère
J'ai tellement apprécié ce texte que je veux le partager avec ceux et celles dont l'âme est sensible à tout ce qui est spontané et beau.
Je sais bien, maman, que tu ne pourras jamais lire ces lignes. Je sais également que tu auras vécu toute ta vie sans jamais avoir besoin d'adresser la parole à qui que se fut dans une autre langue que celle que tu avais apprise depuis que tu avais vu le jour, ta seule langue, l'unique, tamazight. Celle qui avait suffi, non seulement à communiquer aux autres tes intentions, tes besoins, tes émotions, tes sentiments et ton admiration que tu ne manques jamais de témoigner au monde qui t'entoure, mais elle a également été suffisante pour que tu formules, dans ses mots, des poèmes, des chants et d'autres merveilles que tu n'as jamais voulu ou su communiquer à personne d'autres, sauf à tes intimes, dont je suis. Je t'en suis reconnaissante, maman.
Je sais, ma mère, que tu n'as pas besoin que je t'écrive, dans cette langue ou dans tout autre, pour te dire ce que je ressens pour toi, ce que je pense de toi. Tellement nous nous connaissons bien, nous nous passons de la parole, cet artifice dont on use trop pour ne rien transmettre. Nous n'avons pas besoin de la parole, disais-je, pour nous communiquer mutuellement nos émotions les plus profondes. Il suffit d'un regard amazigh, comme tu l'appelles, et nous voilà spontanément en connivence et en harmonie totale, dans nos êtes les plus profonds et avec tout ce qui nous entoure.
Tu sais maman! Tu ne te rendais pas compte, absorbée par ton quotidien que tu étais, préoccupée par tes tâches ménagères qui n'en finissaient pas, que tout un monde de destruction massive et un système sophistiqué de lapidation ont été érigés dans l'intention d'effacer, de corrompre, de dénigrer, cette merveille que tu as su me communiquer dans toute l'étendue de son ampleur. Cette merveille qui me touche encore au plus pré-fond de moi, au plus profond, dans mon intimité la plus intime lorsque j'entends quelqu'un la parler, le tamazight.
La sécurité, la tendresse et l'harmonie, universelles, que je ressens en ta présence avec tes chants et tes poèmes ne peuvent pas être remplacées, ni recherchées ailleurs, dans aucune une autre langue, dans aucun autre coin de l'univers habitable ou non. On aura vainement cherché, par des moyens artificiels, à lui substituer autre chose et je sais que c'est un effort vain dont on ne peut espérer, dans les meilleurs des cas, qu'une adaptation artificielle à un environnement autre que celui que tu as su créer avec les mots amazighs.
Tu as donc fait de moi ce que je suis, tu m'as modelée, dans mes profondeurs et dans mes aspects extérieurs, génétiquement, psychologiquement mais également physiquement. Je te dois tout, ma mère, tu es tout pour moi et je ne suis rien sans toi. Sans toi, on ne pourra pas lire ces agencements artificiels de lettres que je suis en train d'entasser pour voler une parcelle de votre temps, cher lecteur. Pour m'enivrer de la douceur et du plaisir de les voir agencées et accumulées pour en faire, je ne sais moi, un texte publié dans un journal et arrivé enfin entre les mains d'un lecteur généreux de cœur qui, je l'espère, puisera de la douceur que j'ai voulu y mettre, de tout mon être.
Les poèmes que tu me chantais à propos de tout et de rien, à toutes les occasions, me reviennent encore pour raviver ma mémoire afin de lui donner toute l'énergie dont elle a besoin pour continuer à vivre comme il l'a toujours fait quand j'étais encore versé dans cette unique langue dont on a l'intention maintenant d'effacer toute trace. Tu disais par exemple:
A tvitv innew ata fest ad ur tallat.
(ش mon œil, cesse de pleurnicher).
Tu t'adressais à ton œil comme s'il était responsable de tes pleurs. Mais tu savais qu'il n'en était rien, c'était que ton œil pleurait sans l'avoir demandé. Tu es poète, maman.
Si je suis une femme amazighe, ma mère, dont ce terme de 'timmuzgha' traduit amplement et parfaitement la signification que tu as voulu faire de mon éducation, c'est simplement parce que tu m'en as donné l'essence et l'énergie de propulsion nécessaire dont l'élan initial et originel était suffisant pour survoler tous les obstacles et toutes les embûches qui n'ont pas manqué de parsemer mon parcours et mon trajet de combattante pacifiste. De la répression intellectuelle incarnée par l'homme qui a su se maintenir dans ses hauteurs sans vouloir rien lâcher de peur de tout perdre, jusqu'à la politique d'assimilation qui a pour objectif de faire de toi un passé oublié, effacé et disparu, je ne manque pas de continuer à constater que le monde est foncièrement cruel sans ces moments de tendresse dont tu as su parsemer mon jeune esprit et ma tendre enfance.
Tu sais bien, maman, que l'amour que j'ai pour toi, même si je te l'exprime souvent maladroitement, est l'amour universel à partir duquel tout amour, vécu dans quelque secteur de la vie que ce soit, dérive. Sans lui, je sais pertinemment que j'en resterai au même point que lors de ma naissance.
Si j'existe, si je suis ce que je suis, si je suis amazighe, c'est parce que tu as existé et que tu as su me dire, dans toute sa profondeur, l'âme et l'esprit de timmuzgha. Celui qui est généreux par essence pour avoir su accueillir et enrichir toutes les civilisations qui étaient en contact avec lui, sans les mépriser et sans chercher à les envahir. Celui qui, depuis la nuit des temps, a su mettre l'humanité des humains et les intérêts suprêmes au-dessus de toutes les considérations viles, passagères et partisanes. Cependant, je continue encore de me poser cette question dont mon esprit n'arrive pas à se débarrasser et qui est: Timmuzgha n'est-elle pas une victime, toute trouvée, de sa propre générosité? N'est-elle pas en train d'aider, de renforcer, d'alimenter, sa propre destruction en voulant, encore et encore, tolérer et patienter? Sommes-nous masochistes?
Dans ton silence, dans ton apparente résignation, dans ta soumission rebelle, je sais pertinemment que tu es faite pourtant pour autre chose, pour verser dans une colère dont on t'a interdit toute manifestation. Je sais que tant que tu es vivante, et même au-delà, tu m'alimenteras encore de ton esprit naturellement éveillé, vigilant et qui ne laisse rien échapper sans l'avoir préalablement fait observer et analyser. Je sais que ton ignorance de l'écriture et de la lecture n'est en rien un obstacle devant ton épanouissement dans les arts et la science. Je sais, maman, que tu es depuis toujours une artiste, dans l'âme, dans l'esprit. Tu n'avais besoin d'aucune formation, d'aucun titre, pour être ce que tu es, un être merveilleux et savant. D'autres ont pu fréquenter des universités, accumuler des titres et des diplômes, mais ils n'arriveront jamais à acquérir cette essence qui anime ton cœur. Cela ne s'acquiert pas. Ce n'est pas là un simple amour d'une fille pour sa mère, qui est déjà suffisamment puissant pour permettre d'exprimer de tels sentiments, mais il va loin, plus loin, c'est celui d'un sentiment d'une fille ayant vécu et appris sans jamais avoir pu rencontrer une âme aussi amazighe dont ce qu'elle a d'unique et de généreux.
Je sais, ma mère, que ce sont les circonstances contingentes de la vie qui ont fait que tu n'as pas été scolarisée et que tu n'as pu atteindre les hauteurs érudites dont tu es pourtant capable et que tu mérites. Celles qui sont réservées, dans notre société, à certains hommes qui ne manquent pas de se targuer, de nous narguer, de leur exclusivisme et de leur esprit qui prétend nous construire un univers meilleur, dans lequel ils seront les seuls maîtres penseurs, les seuls à savoir manier les idées et leur donner la significations qui les arrange, celle qui soutient leurs idéologies et leurs penchants, quelquefois même des plus sauvages, dont la violence n'est pas le moindre.
Ceux qui, dans leurs univers conceptuels savamment fortifiés, savent diriger la société là où bon leur semble sans tenir aucun compte de l'autre moitié de cette société qui n'est autre que les femmes. Ils croient, comme au moyen âge ailleurs, qu'elles ne sont pas capables de réfléchir, ni de se doter de moyens conceptuels et intellectuels qui leur sont réservés, à eux. Je ne suis pas 'féministe' car l'être c'est admettre d'emblée une infériorité, une infirmité, qu'il s'agit de combattre, de compenser, en rejetant l'homme lui-même, en le culpabilisant, et en le considérant comme étant l'unique responsable de la situation féminine.
Pourquoi continuons-nous à sombrer dans la résignation, dans la dérision, dans le dérisoire? Il faut dire que certaines d'entre-nous, sont elles-mêmes coupables de ne pas avoir su donner l'élan vital indispensable à notre émancipation. Il faut croire que certaines d'entre-nous, dans leur renforcement des idées reçues, dans leur soutien sans faille à l'hégémonie patriarcale, dans leur éducation de leurs propres filles, le plus souvent sans le savoir, sont responsables de notre propre situation, qui maintenant nous déplorons.
Notre timmuzgha, qui est notre essence, que certaines d'entre nous, fuient, telle la peste, après avoir prouvé à elles-mêmes et aux autres qu'elles sont 'capables' de s'en sortir sans elle, qu'elles sont 'capables' d'acquérir des langages artificiels, comme je le fais ici même, et ne prennent même pas la peine de doter fermement leur progéniture de timmuzgha, est le signe avant-coureur de notre propre échec à s'attacher à notre propre identité dans une société en mutation permanente et en changement perpétuel. Si nous, les femmes amazighes, nous, qui avions constitué, pendant des millénaires, le vecteur de cette langue et de cette culture, nous la fuyons, nous la détestons, nous la méprisons, je ne vois pas qui s'attachera, à notre place, à l'affermir, à la promouvoir, à la généraliser à nos enfants et autour de nous, qui à leur tour, un jour, feront le même travail à notre place.
Si notre timmuzgha nous fait honte, si notre culture nous importe peu, il n'est pas étonnant que nous cherchions la reconnaissance ailleurs, dans l'habit, les bijoux et les Instituts de beauté, pour plaire davantage, et pour toujours, à celui que nous convoitons. Dès qu'il détourne son regard, dès que nous pensons ne plus constituer pour lui son centre principal d'intérêt, nous nous sentons vulnérables, telles de petites filles en quête de tendresse, et dans sa virilité intouchable, il ne trouve aucune raison qui l'empêche de nous mépriser et de nous diminuer.
Je les ais vues dans les villes. Elles sont capables de parler cette langue et pourtant Dieu sait qu'elles ne la parlent plus à leurs enfants de crainte de leur transmettre un virus, une tare, dont elles ont souffert elles-mêmes, paraît-il, et pour laquelle, elles ne pensent plus revenir de peur d'être atteintes, de nouveau, par une contagion qui n'en finira pas. Il est vrai qu'être soi-même, sans aliénation et sans reniement, dans un univers qui vous affiche son mépris sans vergogne, c'est toujours chose difficile. Mais justement là est l'authenticité, sinon quelle serait-elle?
L'on connaît de ces esprits 'parvenus' qui n'affichent plus, pour leurs origines et leur passé, que mépris, après l'avoir suffisamment insulté, et qui cherchent des compensations en allant se marier à une femme ou à un homme ne parlant plus tamazight afin de prouver aux collègues de travail ou aux voisins que finalement, ils ne sont plus ce qu'ils furent. Qu'ils se sont métamorphosés. C'est là une catastrophe pour le monde de timmuzgha, un cataclysme renforcé par les innombrables exactions subies par ceux qui, eux, osent encore parler tamazight sans rien se reprocher, ou plus, en faire des publications comme le directeur de ce journal qui a eu le courage et la fermeté de nous permettre de nous exprimer dans un monde fermé et exclusif, et qui ne lui pardonne rien.
(...)
Cependant, il est tout aussi remarquable, et regrettable, de constater que certains de nos frères de culture et de langue sont eux-mêmes les promoteurs et les initiateurs de la dégradation et de la menace qui pèsent sur notre culture et sur notre langue. Ils sont eux-mêmes coupables de ne pas promouvoir la langue, et je parle ici notamment des femmes, dans les foyers et dans l'environnement des enfants. ةvidemment, si l'homme, une fois parvenu et ayant décroché son ultime diplôme, ne compte pas effacer toute trace de cette langue dans son environnement en allant chercher, le plus loin de chez-lui, une femme qui ne parle absolument pas tamazight, afin de se doter des ailes et de voler au-dessus de ce qui constitua jadis, pour lui, son unique bercail et duquel il ne pouvait pas s'envoler sans l'aide de sa mère; laquelle mère ne fait plus parti de son univers de petit-bourgeois à demi-parvenu, de peur que la pauvre 'campagnarde' ou 'montagnarde' ne souille son fauteuil de cuire de la dernière mode, qui est désormais réservé à son illustre femme 'cultivée' et 'civilisée', et à ses invités de marque. Je dis cela pour avoir connu des cas qui interdisent à leur mères de faire la prière du petit matin parce que cela dérangeait les voisins; la pauvre avait fini par ne plus oser rendre visite à son fils...
Je ne vous surprendrai pas si je confonds entre tamazight et ma mère. Elles étaient identiques pour l'enfant qu'elles avaient fait de moi quelque temps après ma naissance. Pour finir, merci de m'avoir lue, je suis longue et fastidieuse.
Aïcha Aït-Hammou
Inscrit le: Jan 11, 2005 Messages: 1077 Localisation: Paris
Posté le: 25 Jan 2006, 21:33 Sujet du message: Re: merci amyass
illisNtinghir a écrit:
je voulais dire que cet article a été posté par un certains Amyass qui est inscrit sur le site et sur un autrre site
l'artcile est tout simplement MAGNIFIQUE !!!
Merci beaucoup inconnu
N.B:je suis desolé, mais à la fin de ce beau texte, que je me suis permis de répertorier dans la rubrique poèsie car un texte aussi beau comme celui là, ne peut être qu'un beau poème d'un (e) poète,
et bien évidemment, il y a bien le nom de la personne qui l'a écrite, alors ouvres bien les yeux Iblissa mdrrrrrrrr
Pour finir, merci de m'avoir lue, je suis longue et fastidieuse.
Aïcha Aït-Hammou
Inscrit le: Jan 10, 2005 Messages: 2206 Localisation: dans le coeur de mes amis et amies!
Posté le: 26 Jan 2006, 14:56 Sujet du message: Re: merci amyass
ISMC a écrit:
et bien évidemment, il y a bien le nom de la personne qui l'a écrite, alors ouvres bien les yeux Iblissa mdrrrrrrrr
Pour finir, merci de m'avoir lue, je suis longue et fastidieuse.
Aïcha Aït-Hammou
wé je suis pas aveugle moi mdrrrrrrrrrrr mais je voulais rendre hommage a cette personne qui a deniché l'article et d'avoir permis qu'on puisse le lire
iblissa moi attend que je te grille en enfer et là tu verras mdrrrrr
Inscrit le: Jan 26, 2006 Messages: 33 Localisation: dart l'PC/L'marroc/TAMAZGHA
Posté le: 26 Jan 2006, 21:15 Sujet du message: Nostalgie!/Mes respect Aîcha.
Bjr tt le monde!je veux vous dir que chaque fois je passe au net;une viste à ce site est obligatoir pour moi,est notamment son frum!mais c'est seulment pour lir dedant,stop!
cette fois si;1titre ma forttement attiré;-et j'été oubligé de m'inscrire dans le frum malgré ma modeste connaissance à l'informatique!-c'est ce lui là en haut(sujet).
j'ai lu la lettre(avec beaucoup d'attention) ça fait longtemps à Tawiza;et d'autre article exctraordinaire pour la même Aîcha;dont je me souvient d'1avec le titre:le silence résigné ou le silence qui parle!je tien à remercié vivement ISMC qui a tromblé ma mémoir avec cette lettre(et me rappelle les autres aussi!).
pour finir;je veux vous cité 1ver d'une poésie ecrite par Aîcha(l'auteur de même lettre):
Tamazight quiqonque t'aime nous l'aimons
Quiconque te hait dans nos coeur il n'a pas de palace
j'ai envie de pleurer quand je lis ça!combien est tré,tré beau!!
Inscrit le: Jan 11, 2005 Messages: 1077 Localisation: Paris
Posté le: 27 Jan 2006, 19:12 Sujet du message: re
Cher ami, saches que que ce site est le tien et toute bonne participation ou suggestion est tjs labienvenue, ceci dit et étant donné que t es deja iscrit, renvoie la balle lol , vue ta sensibilité à tout ce qui est beau et utile, ravi de te lire parmis l'équipe de gens sympa;
Pardon c'est vrai j'exagère un peu, n'est ce pas naila, moussa......q lol
Inscrit le: Feb 02, 2005 Messages: 4319 Localisation: voisine de soria, tahnaout, hold up geopolitique
Posté le: 27 Jan 2006, 20:00 Sujet du message: mdrr a ta santé
ISMC a écrit:
Cher ami, saches que que ce site est le tien et toute bonne participation ou suggestion est tjs labienvenue, ceci dit et étant donné que t es deja iscrit, renvoie la balle lol , vue ta sensibilité à tout ce qui est beau et utile, ravi de te lire parmis l'équipe de gens sympa;
Pardon c'est vrai j'exagère un peu, n'est ce pas naila, moussa......q lol
euhhhh toi exagerer un peu??????beaucoup?????passionement????mais bien sur a la folie hihihihihihihi
ecoute faut croire que c le mot d'ordre ici " a la folie" donc l'exageration doit aussi etre porté par cette folie tu as compris ce que je veux dire?car moi meme je ne suis pas sure d'avoir compris ce que tu me dit ptdrrrrrrrr
on est vraiment taré a ta santé
Inscrit le: Jan 26, 2006 Messages: 33 Localisation: dart l'PC/L'marroc/TAMAZGHA
Posté le: 29 Jan 2006, 17:19 Sujet du message: à decouvrire!!!
azul mes amis!et puisque le sujet me paît devenu en relation avec l'auteur(personnelment je suis fière qu'elle es amazigh )de la lettre plus que la lettre elle même;je vous propose ça:
Lettre ouverte à un père amazigh
Par: Aicha Ayt-Hammou
«Bonsoir, monsieur le grand sorcier aux remèdes bidon, bonsoir, vous qui n'êtes pas plus médecin que ma sœur n'est dans les ordres.» Jeanne Cordelier
Un message de tendresse:
Je sais papa que ces mots ne te diront rien du tout parce que tu sais tout et tu peux tout, comme ton rôle social le laisse entendre. C'est ce que tu penses du moins et tu en es convaincu. Tu ne les liras pas parce que tu serais révolté d'une fille qui t'écrive et qui prétend même te prodiguer des conseils. Même si ton âme les intercepte en l'air sans le vouloir, je sais que tu as accès au langage universel qui dépasse nos langues tout humaines et que tu sais donc déjà tout, d'avance et sans avoir besoin qu'on te l'enseigne.
Tu as su constituer pour moi l'incarnation même de la sécurité dans l'âme, la chaleur dans le cœur à ta seule vue, par ta terreur, et la ressource toujours disponible pour répondre à mes attentes, celles que la société a bien voulu me concéder, évidemment. Celles qu'elle pense être bonnes pour moi, pour ma nature de fille, pour mon avenir et mes intérêts de femmes. C'est-à-dire un avenir de soumission.
Tu as toujours su jouer, dans notre société, celui qui te revenait, le rôle qu'on attendait de toi. Celui du protecteur, du macho, qui ne laisse pas une seule parcelle de pouvoir aux autres sans qu'ils y mettent le prix, celui que tu décides, toi et la société. Mais c'est quoi la société, chez-nous? C'est toi, tu décides tout, qui fait tout. Tu sais le bien et le mal, le principal et l'accessoire, le ciel et la terre. Tu sais aller dans les réunions réservées aux hommes sans les femmes. Tu discutais des heures et des heures comme si le monde était le seul apanage des hommes, pour décider de notre sort. Tu avais pris la tête des administrations en reléguant ma mère à ses tâches ménagères et dans le meilleur des cas au poste de secrétaire soumise et docile ou à celui du professeur dans un domaine quelconque.
Elle exerçait son pouvoir et son autorité, elle aussi, sur les tables, les chaises et les élèves. En voulant te ressembler, elle était exaltée, elle aussi, par l'exercice du pouvoir, notamment sur les chaises qui refusent d'obéir à ses ordres pleins d'autorité. Elle était toujours fière d'avoir la clé de la classe en poche et de prétendre venir apprendre aux autres ce qu'ils ne savaient pas. Elle se sentait en sécurité lorsqu'elle tendait sa main dans sa poche et qu'elle retrouvait encore la clef parce qu'elle se disait que la classe ne pourrait jamais fonctionner sans elle. Elle avait du pouvoir sur sa classe, sur les murs et les chaises.
Cela me démontrait que, elle aussi, elle est fascinée par toi, par l'autorité que tu exerçais sur nous tous, elle y comprise. Alors, elle voulait être comme toi, mais elle ne pouvait pas. A ta seule vue, elle tremblait, la pauvre, de tous ses membres et elle savait que tu ne pouvais pas l'épargner, la tolérer hors de ses limites, celles que tu lui as tracées. Tu es un fier à bras, papa, la nature t'a favorisé.
Nous les femmes, nous sommes réduites à rien, nous ne représentons même pas nous-mêmes. Nous sommes des subordonnées, des accessoires, des moyens, des intermédiaires qui permettent, à toi papa, d'accéder au bonheur, le tien bien sûr. Le nôtre est chose superflue. Nous faisons ton bonheur par des accouchements innombrables et épuisants afin de te doter d'une progéniture dont tu seras fier sans nous, par des tâches ménagères quotidiennes, répétitives et fastidieuses que tu dédaignes parce que tu es quelqu'un avec costume, cravates et pantalon du tailleur. Nous construisons pour toi un abri que tu prétends nous avoir construit, nous lavons ta saleté, nous transportons le bois de ta cuisine, notre cuisine parce que nous mangeons de ta sueur. Tu es un ange, papa, un ange. Tu sais que nous t'aimons tous, sans exception. Personne dans la famille n'ose te déclarer des hostilités parce que tu sais réprimer sommairement tes opposants. Tu as appris tout ça dans la rue.
Tu es un homme, papa, un vrai. Si quelqu'un le conteste, tu sais comment agir avec lui. Tu devais rester un homme parce que tu voulais ne pas manquer ton rôle social. Ta tâche de mari et de père implacable. Celui qui voulait toujours montrer aux autres combien il était viril et capable de, non seulement conduire sa famille par le bout du nez, mais également mener à bien sa tâche de tortionnaire physique ou psychologique qu'on a bien voulu lui attribuer dans la société contre toute opposition.
Ma mère était pour toi un moyen et non une fin en elle-même. Tu l'aimais, je le savais. Comment ne pas l'aimer alors qu'elle est docile, consciente de sa fragilité acquise par éducation, éternellement soumise à tes volontés. En tant que sa fille, elle m'a appris que, nous les femmes, nous avons une côte de moins que toi et mes frères, dans la cage thoracique bien sûr. Mes frères me narguaient avec leur côte supplémentaire qu'ils avaient acquise par hérédité. Ils en sont fiers les machos, ils croient avoir là une preuve incontestable de leur supériorité génétique et donc éternelle. Mais la nature, elle aussi parce qu'elle est une femme, fait des erreurs en produisant des femmes machos, comme moi. J'ai une côte de plus que mes frères, par conséquent j'ai deux côtes de plus que ma mère.
Chez-nous, une fille, une femme, ne parle jamais que pour dire oui, jamais non. Elle a appris que le refus équivalait à la révolte, donc à la contestation du pouvoir suprême masculin qui ne manque jamais de se manifester pour réprimer les révolutions. Nous t'appartenons tous, papa. Tu peux faire de nous ce qui te plaît. Nous punir, nous récompenser, nous réjouir ou nous blâmer.
Je te pardonne tes erreurs, tes terreurs, papa. Je savais que toi aussi, tu étais entre le marteau et l'enclume. Tu n'avais pas le choix de manifester ou non ta tendresse à ceux que tu aimais parce que la société en a décidé autrement pour toi. Elle voulait que tu sois viril et tu voulais être à la hauteur de tes fonctions sociales. C'est ce que tu avais simplement fait. Tu avais raison d'agir ainsi car les hommes qui regardent les choses d'en haut, ceux qui sont capables de voir ce que les autres ne voient pas, ceux qui sont en mesure de déceler les maux avant qu'ils arrivent, sont une exception dans toute société. Donc, on ne pourra pas venir aujourd'hui te reprocher d'être ce qu'on avait attendu de toi, c'est inacceptable, une erreur que l'on commettra à ton égard.
Le déguisement:
Nous vivons quotidiennement dans le déguisement, papa, dans le camouflage, dans la dissimulation et dans la simulation. Nous vivons cachés, et toi aussi, cachés de nous-mêmes et des autres. Nous n'arrêtons pas de simuler une vie qui ne nous est pas en réalité destinée. Elle est là parce que nous n'avons pas d'autres choix, d'autres alternatives pour imaginer puis réaliser autre chose. Les hommes sont des femmes, les femmes sont des hommes et le mélange fait une soupe qui a du mal à passer dans la gorge de ceux qui savent qui est qui mais ne savent pas pour quelles raisons.
Je me suis déguisée, comme tout le monde. D'abord, en écrivant dans une langue qui, en réalité, m'était étrangère, mais qui finalement, par la force des choses et le déroulement hasardeux des circonstances, m'est devenue familière. Je vous écris dans cette langue parce que je n'ai pas d'autres choix, parce qu'on m'a privé d'apprendre la mienne. C'est ce que l'on peut appeler un manque d'authenticité langagière.
Les compensations et les camouflages:
Remarquez que lorsqu'une femme est dans l'impasse au cours d'une difficulté dans les rapports sociaux quotidiens, elle vous dit, pour se convaincre de sa force, que son mari est un chef, un directeur, un médecin, un grand commerçant avec des titres de propriétés partout. C'est le déguisement. Elle dit cela lorsque ses cartes sont épuisées, lorsqu'elle ne peut plus se défendre elle-même dans la société, elle se camoufle, elle met par-dessus sa peau de brebis, une peau de loup ou celle d'un lion, son mari. C'est un manque d'authenticité, c'est moi qui vous le dis.
Maintenant, que dis un homme dans de telles situations d'embarras? Il vous dira qu'il est marié avec une très belle femme, qu'elle est jeune, dix-huit ans. D'autres vous diront qu'ils sont mariés à plusieurs femmes en même temps, qu'ils ont des maisons, des villas et même la dernière marque de voiture. C'est le déguisement, la compensation. Il dit cela comme s'il ne suffisait pas à lui-même, comme s'il lui manquait une jambe ou un bras.
Hommes et femmes, les conversions:
Moi, je m'assume en tant que femme et j'écris en tant qu'homme. Vous êtres peut-être confus par mes propos qui ne veulent rien lâcher, comme clarté. Mais c'est le camouflage qui veut ça, dans la société tout le monde fait comme ça. Depuis que j'étais petite, je n'ai appris que ça, me déguiser, me camoufler et là je n'ai pas le choix de faire autrement comme vous le voyez.
Puis, qui vous dit que je suis une fille, une femme? Ayant craint de susciter l'instinct sauvage de certains hommes qui battent leurs femmes, je dis bien leurs avec un 's' parce qu'ils en ont plusieurs que cela soit officiel ou non. Ceux qui ravagent tout ce qui se présente sur leur passage, y compris leur propre progéniture, en se déguisant en lion, parce que l'autre jour je les ai vus devant les autorités, je vous certifie et je vous garantie qu'ils sont des agneaux. Ayant craint leur colère et leur instinct guerrier, leur inévitable réaction instinctive à me bouffer, je me suis dit tant pis, je vais risquer mon authenticité de femme, j'écris en femme, une vraie.
J'aurais dû écrire en homme et cela passerait inaperçu, parce que les hommes ont le droit d'écrire tout ce qu'ils veulent contrairement aux femmes. Mais alors surtout les femmes amazighes qui sont, automatiquement et sans jugement, classées d'inutilité publique en matière d'écriture, à une exception près, lorsqu'elles sont totalement arabisées ou totalement francisées. Autrement dit, lorsqu'elles ne sont plus amazighes du tout, linguistiquement j'entends.
Inscrit le: Jan 26, 2006 Messages: 33 Localisation: dart l'PC/L'marroc/TAMAZGHA
Posté le: 12 Fév 2006, 11:29 Sujet du message: article de même genre!"lettre ouverte à une mère amazig
Amazighement femme!
Par: Meryam Demnati (Rabat)
A ta mémoire, maman.
Toute ma petite enfance je l’ai vécue interne dans les pensionnats austères de jeunes filles à pleurer tous les soirs trempée dans mon pipi au lit. (Pas de ta faute, maman!)
Les vacances scolaires nous les passions très souvent dans le milieu familial maternel du Souss (région d’Agadir), très conservateur et religieux où le grand père, qui dominait en patriarche, inspirait plus la crainte que le respect.
C’était un milieu très fermé où les jeunes filles étaient surveillées de près et ne pouvaient sortir qu’accompagnées de femmes âgées.
(Tu avais vécu pire que ça, maman!)
Je n’ai commencé à sentir réellement le poids de cette éducation qu’au début de l’adolescence, âge où on ne s‘adressait plus à moi comme une enfant mais comme une «femelle». Le jour où j’ai eu mes règles la première fois, je ne compris pas ce qui m’arrivait. Ma mère à qui je fis part de mon inquiétude (je t’aime si fort, maman!), m’entraîna solennellement dans sa chambre dont elle ferma la porte à double tour. Elle m’expliqua alors d’une voix que je ne reconnaissais pas, que j’étais devenue une femme et qu’il ne fallait surtout pas que les hommes de la famille s’en aperçoivent. Pendant plusieurs années, mes périodes de menstruations étaient pour moi des périodes de malaise et de rage de ne pas être née garçon.
Les livres étaient devenues mes meilleurs amis, mon seul refuge.
Mon père, berbère du Haut Atlas, qui était tolérant, croyait beaucoup en la vertu des livres (tu aurais tellement voulu lire et écrire, maman). C’est lui qui m’a encouragé à lire romans, poèmes et plus tard ouvrages philosophiques et politiques…. et de là à échapper aussi à une certaine condition féminine. Cela m’a beaucoup ouvert l’esprit et a fait de moi une révoltée éternelle.
Vers l’âge de 13 ans, nous avions décidé ma sœur et moi de ne jamais faire le ramadan et de ne céder à aucun de leurs rites religieux ou superstitieux. Au début c’était une sorte de jeu, puis cela s’est transformé petit à petit en véritable résistance contre leurs coutumes religieuses sexistes et intolérantes. (On te l’avait toujours caché, maman !)
Ce rejet était dû en réalité à la situation d’infériorité que vivait la femme dans nos milieux, considérée toujours comme suspecte et «mineure». Notre logique de petites filles ne comprenait pas pourquoi deux être vivants ne pouvaient être égaux dans leur droits et que l’un se croyait supérieur à l’autre. Et durant toute mon adolescence j’ai «pratiqué» mon agressivité sur mes camarades garçons auxquels je tenais à prouver que j’étais un «être humain à part entière» (dur, dur, d’être une fille, maman !)
Par la suite en tant que femme militante amazighe, épouse et mère élevant seul ses deux fils dans une société masculine, j’ai eu à me battre plus férocement contre cet état de choses, toujours pleine de colère contre les injustices et les humiliations subies en tant que femme (comme j’ai lutté fort, maman!).
Mon père, qui avait des idées progressistes, avait décidé, malgré les réticences de son entourage, de nous envoyer en France ma sœur et moi pour poursuivre nos études après le BAC.
Vent de liberté, tourbillon d’idées nouvelles, monde en pleine ébullition: féministes, anarchistes, gauchistes et berbéristes, j’ai trempé naturellement dans tous ces groupes à la fois, puisant ici et là, heureuse de pouvoir enfin butiner à satiété librement (quelle bouffée d’oxygène, maman!).
Dans le GLF (groupe de libération des femmes) à Bordeaux, j’ai appris au contact de mes compagnes françaises que tous les beaux discours gauchistes sur la femme n’étaient que mascarade et que le combat contre l’ordre masculin devait être un combat de proximité, un combat de longue haleine à mener chaque jour dans la vie quotidienne.
Ceux-là mêmes qui nous tenaient ses discours féministes de gauche se trouvaient être des machistes dans leur vie quotidienne et reproduisaient souvent des comportements sexistes à l’encontre des militantes (tous des phallocrates, maman!).
Plus tard, abandonnée par un mari démissionnaire qui n’a jamais payé la pension des ses enfants et divorcée, j’ai élevé seule mes deux fils Idder et Ousmane. Cette situation de femme libre qui ne devait rien à un homme, m’a valu les pires sarcasmes et méchancetés de mon entourage hommes mais femmes aussi, que cela dérangeait considérablement. C’est un combat individuel interminable que je continue encore à mener aujourd’hui pour sauver jalousement ma vie de femme libre dans une société si fortement masculine.
De la gauche stalinienne que j’ai côtoyé un certain temps je garde un souvenir d’intense révolte contre le régime répressif de Hassan II et le rêve utopique d’une future société communiste égalitaire.
Mais très vite la déception s’est installée et je pris conscience que cette gauche à visage humain ne respectait ni mon identité de femme ni mon identité de berbère. Le panarabisme qui y dominait ne rêvait que de la construction d’une nation exclusivement arabe où l’autre serait la mauvaise différence. Cette alternative avait en fait pour objectif final, la destruction de l’identité amazighe, de ses modes de vie, de pensée, allant jusqu’à effacer la mémoire de tout un peuple. Cette discrimination culturelle et linguistique qu’affichaient et qu’affichent toujours d’une manière indécente les milieux de gauche, provoqua en moi un sentiment de grande frustration. Il atteignait douloureusement ce que j’avais de profondément intime en moi, mon Amazighité (j’avais si mal, maman!).
C’est alors que de petits groupes amazighs de réflexion que nous formions timidement au départ, aux associations amazighes kabyles où le combat était plus avancé, ma conscience amazighe éclata au grand jour (quelle libération, maman!).
Ce fut une période de colère contre l’agresseur «arabe» mais aussi période de bonheur d’être, de se faire reconnaître, et de partager cette intimité avec d’autres Imazighens.
«Amazigh je suis! Amazigh je le reste!».
Slogan de l’époque, encore soulevé aujourd’hui par les berbères d’Afrique du nord (dur, dur d’être amazighe, maman!).
Depuis toute petite, je réagissais toujours mal quand j’entendais des «nous les arabes!» ou «l’arabe langue de nos ancêtres».Je proclamais toujours haut et fort que j’étais berbère de mère et de père. Cela faisait souvent sourire certains adultes (profs ou autres) qui avaient toujours l’air de dire: «Oui, si on peut appeler ça une langue et une culture!».Les moqueries et les railleries sur la langue et la culture berbères, ont développé et nourri en moi petit à petit un rejet total vis à vis de tout ce qui est arabe, culture et religion. Cela devenait parfois viscéral. Je vivais un blocage physique face à cette langue arabe que je considérais comme étrangère, arrogante et envahissante. Langue que je n’ai d’ailleurs jamais pu ni lire ni écrire malgré de multiples occasions. Le racisme arabe que je côtoyais dans les milieux de gauche m’a irrémédiablement fait plonger corps et âme dans le milieu berbériste marocain puis kabyle, jusqu’à en frôler quelquefois l’obsession (douleur amazighe, maman!)
Mais être une femme ne me facilitera pas la tâche encore une fois, C’est que côté sexisme, mes camarades amazighs n’avaient rien à envier aux autres hommes. Je devais mener un combat de femme doublement agressée: agressée dans son amazighité mais aussi agressée dans sa féminité (comme je comprends ta souffrance aujourd’hui, maman!).
Il m’est arrivé très souvent et il m’arrive encore dans ma vie de militante amazighe de me retrouver la seule femme présente dans la salle lors d’une assemblée ou une conférence. Cette situation malaisée, a fait que mon caractère s’est beaucoup durci avec le temps et que j’avais fini par me forger une personnalité «agressive» pour me prévenir contre d’éventuelles agressions masculines. Un jour, lors d’un débat houleux au sein d’une ‘vieille’ association amazighe, un petit homme complexé, à cours d’arguments, me traita de «sale ****», expression tant prisée par des êtres à faible personnalité. Même si en bonne féministe je lui envoyais mon poing à la gueule, j’eus encore la confirmation que mon combat contre la domination arabo-islamique, devait passer inévitablement par mon combat contre la domination masculine qui relègue les femmes à un rang inférieur (rien n’a changé, maman!).
A chaque fois je suis obligée de fortifier ma carapace pour ne pas céder au découragement face surtout aux attitudes sexistes de quelques militants amazighs que j’avais cru naïvement différents des autres hommes.
Pour finir, je rends ici hommage à mes sœurs amazighes, qui de tous temps ont su faire perdurer notre culture malgré les situations difficiles auxquelles elles ont été confrontées… et au jour d'aujourd'hui la tâche n'est toujours pas facile pour elles.