Posté le: 19 Fév 2006, 19:44 Sujet du message: les véritées sur l'arabisation...
La politique d’arabisation s’est déroulée sur un double niveau.
Sur le premier, le plus visible et le plus affiché, l’adversaire était le français, dont il fallait prendre la place,
pour des raisons de souveraineté nationale et d’identité musulmane.
Au second niveau, moins apparent, les obstacles désignés sont les langues orales parlées, darija et surtout le berbère.
La minorisation des langues parlées a été mise en oeuvre, par leur exclusion de l’école, du discours public, de la pratique médiatique : la pression tendait à inculquer à leur égard une sorte de honte.
Parallèlement se mettait en place un enseignement de la langue arabe moderne comme une langue orale, en dépit des usages courants .
L’aspect le plus apparent de cette politique de stigmatisation se révèle dans la pédagogie de la faute. Les langues de l’usage quotidien sont considérées comme des langues fautives, l’apprentissage linguistique devient celui de la correction.
Alors que la pédagogie actuelle insiste sur le fait que “parler n’est pas écrire” et sur la nécessité de permettre un apprentissage libéré de l’obsession de la correction, la pédagogie massivement pratiquée au Maghreb se fonde sur le caractère “fautif” des langues maternelles. Comme le remarque Cherifa Ghettas, “la classe qui est le lieu du dialogue et de la communication devient le lieu de censure.
Ce climat étouffant, caractérisé par les interdits et les sanctions,
hostile à la langue familière de l’enfant va creuser davantage le fossé entre le parler de l’enfant et la langue de l’école.
La dévalorisation des langues parlées est actuellement entretenue par les pouvoirs politiques du Maghreb, à des degrés divers, et en dépit de quelques déclarations lénifiantes. Ces pouvoirs, contestés à plusieurs titres, relaient en quelque sorte le mépris colonial dont ont été enveloppées ces sociétés, dans leur identité et dans leurs langues.
La solution adoptée, de revaloriser la langue écrite au détriment des langues parlées, a été mal ressentie en profondeur et demeure comme une blessure jusqu’à ce jour.
La crise que subit les pays se tamazgha ne seront jamais résolue
tant que les 2 langues maternelles ne seront pas enseigné a la place de
l'arabe classique .
L'arabe classique n'est plus qu'une langue religieuse...