andrebreton Membre 3*


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Posté le: 31 Aoû 2007, 13:33 Sujet du message: Trois fleurs à Madame la société civile |
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ce texte de Gérald Sédrati-Dinet,m'as plait et j'aimerai vous le partager.par là je n'exprime aucun point de vue.seule cette comparaison m'a donné l'envie de le poster.
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mercredi 15 octobre 2003.
« Mexique, 18 mai 1996
À : La Société Civile Nationale et Internationale.
Où qu'elle soit.
Excusez-moi, Madame la Société Civile, de vous distraire en détournant votre attention de vos nombreuses occupations et de vos angoisses réitérées. Je ne fais que vous écrire pour vous dire que nous sommes ici, que nous continuons à être nous-mêmes, que la résistance est encore notre bannière et que nous croyons toujours en vous. Quoi qu'il advienne, nous continuerons à croire en vous. Parce que l'espérance, chère Madame au visage flou et au nom énorme, continue à nous habiter comme une toxicomanie.
Votre excellence doit bien savoir que l'horizon est en train de s'ennuager, que le ciel est en train de tourner au gris tirant sur le noir au fur et à mesure qu'on marchande la vente de notre histoire. Pourtant, sachez que la liberté est toujours là devant, qu'il faut encore se battre et que l'histoire attend encore que quelqu'un règle ce qui a été laissé en suspens. Les choses étant ce qu'elles sont, et puisque nous craignons de ne plus vous revoir, nous vous prions d'accepter ces trois définitions qui tombent à pic pour cerner des jours aussi funestes que ceux que l'avenir nous réserve :
Liberté. Durito dit que la liberté est comme le petit jour. Il y en a qui attendent sa venue durant le sommeil, mais il y en a qui se tiennent éveillés toute la nuit et la parcourent en marchant pour le rejoindre.
Lutte. Selon les dires du Vieil Antonio, la lutte est comme un cercle. On peut le commencer à n'importe quel point, mais il ne finit jamais.
Histoire. L'histoire n'est qu'un tas de barbouillages qu'hommes et femmes écrivent sur le sol du temps. Le Pouvoir écrit son propre gribouillage, en fait l'éloge comme s'il s'agissait d'une écriture sublime et l'adore en tant que seule et unique vérité. Le médiocre se borne à lire un tel gribouillage. Celui qui se bat passe son temps à griffoner des feuillets. Quant aux exclus, ils ne savent pas écrire... pas encore.
Veuillez accepter, Madame, ces trois fleurs. Les quatres autres viendront par la suite... si jamais elles viennent.
C'est bon. À votre santé et souvenez-vous que la sagesse, c'est l'art de découvrir, derrière la douleur, l'espérance.
Depuis les montagnes du sud-est du Mexique
Sous-Commandant Insurgé Marcos
Mexique, mai 1996
P.-S. : J'oubliais de vous avertir, Madame, de ne pas vous laisser avoir par les fonctionnaires, les journalistes, et caetera qui font du mensonge un écho se propageant à l'infini. Rien n'est résolu et tout est brisé. Il y a, essentiellement, deux projets de société : le leur, celui de la guerre, un projet que vous suivrez dans l'indifférence ; et le nôtre, celui de la paix, un projet en l'honneur duquel vous danserez une danse à claquette mexicaine qui fera tout trembler, tout juste comme tremble l'amour quand il est pour de vrai. »
(traduction française : Françoise Roy)
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