Posté le: 26 Jan 2008, 0:12 Sujet du message: Berbères vs Barbares: proposition Débat
A l'époque romaine était barbares tout ceux qui refusaient de se soumettre au pouvoir de Rome.
Qui est barbare aujourd'hui? Y-a-t-il encore des humains jetés à des animaux sauvages ou carnivores poour se faire lyncher avec des spectateurs par dessus les marchés ou ssouqs.
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Posté le: 31 Jan 2008, 10:42 Sujet du message: barbarie à visage inhumain
Azul, Tawalt. Si tu veux des exemples de barbarie contemporaine, il y en a des milliards. Oui, en Amérique du Sud (par ex.), on jette encore des humains aux fauves, au sens propre. Au sens figuré, chacun a son exemple quotidien. Mais pour pas faire long, voilà un exemple de barbarie parmi tant d'autres. L'article s'appelle "le mal de mer algérien", par Khaled Olhocine, paru dans le Courrier de l'Atlas de Janvier, et ça parle des harragas.
> Leur slogan se résume en une phrase : "plutôt mourir mangés par des poissons que dévorés par les vers de terre". Leur but s'énonce d'une manière plutôt claire : gagner les rivages de l'Espagne, de l'Italie ou même de la France. Leurs moyens de l'atteindre sont aussi divers que dérisoires : des embarcations de fortune, des barques, des rafiots, des zodiacs et des chalutiers. Leur objectif est aussi simple qu'irréalisable : travailler et vivre en Europe. Leurs noms s'écrivent en un seul mot : harragas. Les harragas ou ces milliers d'algériens qui brûlent leurs papiers avant de tenter de griller clandestinement les frontières de l'Europe du Sud.
Depuis trois ans, le phénomène a pris une telle ampleur que les plus hautes autorités du pays ont été contraintes de regarder de près ce problème. Il ne se passe pas un jour sans que la presse d'Alger ne rapporte des informations faisant état de l'arraisonnement en pleine mer d'une embarcation remplie de clandestins, de la découverte de cadavres échoués sur la plage ou de l'arrestation d'un réseau spécialisé dans l'immigration clandestine. Les rédactions de quotidiens algériens sont même assaillies d'appels téléphoniques de parents désespérés à l'idée de ne pas retrouver la moindre trace d'un fils, d'un père, d'un oncle ou d'un cousin perdu en haute mer.
Les chiffres officiels sont éloquents. En l'espace de trois ans, de 2004 à 2007, plus de 2340 candidats à l'immigration ont été interpellés par les différents services de sécurité. Plus de 1300 ont été interceptés en pleine mer tandis que les autres sont arrêtés sur les côtes avant même d'entreprendre le grand voyage. Mais combien réussissent à gagner les rivages de l'Europe ? et surtout combien périssent en mer ? dans une Algérie riche en milliards de dollars, où les dirigeants répètent à l'envie que le taux de chômage ne dépasse pas 12 % de la population active, le phénomène fait évidemment scandale. Qu'est-ce qui pousse ces hommes et ces femmes à vouloir fuir le pays au péril de leur vie ?
"La monotonie et le chômage nous détruisent à petit feu. Pour moi, monter dans une barque pour atteindre les côtes de l'Italie ou de l'Espagne reste la seule solution pour sortir de la misère", explique Ali, un jeune algérois qui a tenté l'aventure sans succès. Chômage, lassitude, absence de perspectives, désespoir, la litanie de ces damnés de la mer est aussi longue qu'un jour sans pain. Mourad, un autre harraga originaire d'Annaba explique : "j'ai tapé à toutes les portes pour trouver du travail. On me répond qu'il faut attendre, revenir le lendemain, déposer un nouveau dossier. Comment ferais-je pour trouver un travail, me loger, me marier, avoir des enfants ? à 30 ans, je ne vois pas le bout du tunnel. Alors au lieu de mourir à petit feu dans cette prison à ciel ouvert qu'est l'Algérie, je préfère tenter l'aventure. Je n'ai pas peur de mourir, je suis déjà mort."
Contrairement aux idées reçues, les candidats à l'immigration ne sont pas tous des chômeurs, des désœuvrés. On compte aussi des cadres, des enseignants. "Le phénomène ne se justifie pas uniquement par le chômage et la précarité, explique le Dr Kouidri, sociologue à Oran. L'attrait de l'occident, l'influence des programmes de télévision française captées via les antennes paraboliques, la réussite de certains candidats en Europe constituent un formidable appel d'air pour des milliers de personnes".
Évidemment, ces départs massifs et ces disparitions en mer engendrent des tragédies humaines, des drames familiaux. Impuissants devant le désir de leur progéniture de fuir le pays à tout prix, les parents des harragas n'ont que leurs yeux pour pleurer la perte de leurs enfants. Depuis que ses deux fils ont pris la mer pour rejoindre l'Italie, Houria n'a aucune nouvelle d'eux. Sont-ils arrivés à bon port ? sont-ils mort noyés ? ont-ils été refoulés ? moisissent-ils dans une prison tunisienne ou algérienne ? "Où sont mes deux enfants ? Je n'en peux plus. Depuis qu'ils ont pris la mer, ils ne m'ont donné aucun signe de vie. S'ils avaient rejoint l'Europe, ils m'auraient certainement contactée".
À l'instar de Houria, ils sont des centaines de parents à guetter le moindre signe de la part de leurs enfants partis rejoindre l'eldorado européen. Si certains se résignent devant la fatalité, d'autres refusent de baisser les bras et continuent de remuer ciel et terre pour tenter de retrouver leurs enfants. Les uns adressent des courriers désespérés aux journaux, d'autres interpellent les consulats d'Italie ou d'Espagne installés en Algérie dans l'espoir d'obtenir un quelconque renseignement, alors que d'autres s'organisent en association, à l'exemple de Kamel Belabed.
Ce cadre que le désespoir a fait vieillir en l'espace de quelques mois a vu partir son fils âgé de 25 ans vers l'Italie une nuit d'avril de l'année 2007. depuis, il est sans nouvelles de lui. Bien sûr, pour retrouver son fils il a tapé à toutes les portes, écrit des dizaines de lettres et interpellé ministres et hauts cadres de l'État, mais toutes ses tentatives se sont heurtées à un mur de silence. Alors, avec d'autres parents, il a créé un collectif de famille d'immigrants. "Nous avons écrit partout, à commencer par le président de la république, M. Bouteflika. Nous avons saisi par écrit tous les ministères concernés : les Affaires étrangères, l'Intérieur, la Justice, la Solidarité. Peine perdue. Les familles se sont ruinées à force de déplacements. Il n'y a pas une seule famille qui n'y soit pas allée au moins une dizaine de fois. Sans résultats." s'insurge-t-il.
Témoignage : Azzedine, rescapé d'un naufrage.
C'était en 2005. mon cousin m'avait contacté pour m'informer de son souhait de partir en Espagne en compagnie de cinq autres personnes. Sur le bateau, il restait encore une place de libre. Je n'ai même pas réfléchi, j'ai tout de suite accepté de partir en mer. J'ai fait mille métiers pour récolter l'argent nécessaire au voyage. J'ai même emprunté auprès de ma famille et de mes amis, avec la promesse de les rembourser une fois que je serai de l'autre côté de la Méditerranée. J'ai déboursé 50000 dinars (env. 500 euros) pour obtenir un ticket sur le bateau. La nuit de la traversée, il pleuvait à torrents. Au lieu d'annuler le voyage, le passeur nous a expliqué qu'il lui était impossible de faire marche arrière, car, de l'autre côté de la Méditerranée, des gens attendaient notre arrivée. Une fois en pleine mer, le bateau a commencé à chavirer, emporté par d'immenses vagues. Dans le noir, nous grelottions de froid et certains, pris par le mal de mer, vomissaient leurs tripes. Soudain, un des moteurs s'est arrêté net. Quelques minutes plus tard, le deuxième rendait l'âme. Nous n'avancions plus, livrés aux vagues, au froid et à la peur. Le bateau prenait l'eau. Ceux qui ne savaient pas nager coulaient en lançant des cris effroyables. Avec trois autres personnes, je me suis accroché aux jerricans d'essence, notre ultime bouée de sauvetage. Paralysé par le froid, la peur de mourir, le temps me semblait une éternité. J'ai dû notre salut à un chalutier qui passait non loin de là. Alors que je pensais être arrivé en Espagne, j'ai découvert, au lever du jour, que mes sauveurs m'avaient finalement ramené vers la ville d'où j'étais parti, quelques heures plus tôt. Mais je ne regrette pas d'avoir tenté l'aventure. J'ai 25 ans, je suis célibataire, sans emploi, et sans aucune perspective d'avenir. Pourquoi devrais-je rester en Algérie ?
Témoignage : trafic risqué mais juteux.
Sans eux, il n'y aurait pas de phénomène, pas de traversée, pas de business, pas de harragas. Eux, ce sont les passeurs qui rameutent les candidats à l'immigration, les bateliers qui planifient les départs, organisent les voyages et acheminent les immigrants vers la destination promise. Pour chaque expédition, ils parviennent à gagner des dizaines de millions de dinars. Boualem en fait partie. La trentaine à peine entamée, il a déjà amassé une belle fortune. Installé dans la région d'Annaba, à l'est du pays, ce passeur déniche chaque semaine une dizaine de candidats au voyage. Bien sûr, pour des raisons de sécurité, Boualem se charge lui-même de toute la logistique liée à l'expédition. On n'est jamais à l'abri d'une dénonciation à la police. Pour espérer monter sur une barque de Boualem, chaque candidat doit débourser à l'avance 80000 dinars (env. 800 euros). La moitié de cette somme est consacrée aux coûts du voyage, c'est-à-dire l'achat ou la location de l'embarcation, l'acquisition du GPS qui permet de naviguer de nuit en pleine mer, le moteur, ainsi que les jerricans d'essence. L'autre moitié de la somme atterrira dans les poches du passeur. Peu de temps avant le départ, Boualem se charge d'organiser quelques exercices élémentaires censés préparer les harragas au grand voyage. Ainsi, il planifie de nuit des sorties en mer pour leur apprendre à ramer et à surmonter le mal de mer. Pour donner aux candidats un avant-goût de cet eldorado qui les attend une fois arrivés en Europe, notre passeur met même sur pied des séances de projection vidéo tournées en Sardaigne avec des harragas qui ont réussi la traversée. Plus qu'un attrape-nigaud, ces projections servent surtout à conditionner les harragas pour qu'ils ne renoncent pas à leurs rêves. Bien sûr, tout cela n'offre aucune garantie. En cas d'échec, le passeur ne prévoit aucun remboursement. Lorsque la traversée échoue, le passeur disparaît avec l'argent avant de réapparaître quelque temps plus tard pour appâter de nouveaux candidats.
Voilà. L'arène est liquide et profonde. Les spectateurs sur les gradins portent des cravates et des chevalières en or. Et moi, j'ai le mal de mère, je crois que je vais vomir. Vomir ou pleurer, j'hésite. Hurler, peut-être ?…
_________________ L`homme libre est celui qui aide l`autre à le devenir. (Fondation France Liberté)
C' est horrible. Il n' y a pas pire qque survivre chez soi, que fuir son pays contre son gré pour aller vivre dans une terre étrangère.
Le problème ne concerne malheureusement pas l' Algérie, le Maroc est la porte africaine la plus efficace pour se noyer dans la Méditerrannée.
Mexique USA, Tunisie/Sicile, Canaries...Les jeunes africains et candidats à l' immigration clandestine disent et ils ont raison qu' ils chercheront toujours à partir pour VIVRE et EXISTER ailleurs même si on met des barbelés sur la mer. C' est vraiment dégueulasse
Le drame des pateras qui abritent "ihraggen" est inacceptable et inhumain.
Le problème ne concerne malheureusement pas l' Algérie, le Maroc est la porte africaine la plus efficace pour se noyer dans la Méditerrannée.
pourquoi le malheureusement cela peut etre heureusement pas, l'algérie a assez de problemes, au moins celui-ci ne la concerne pas plus que cela ne concerne le maroc comme vous l'expliquez dans le texte.